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Singapour met 55 000 dollars sur la table pour chaque bébé, mais l’argent suffira-t-il à sauver sa natalité ?

Singapour sort l’artillerie lourde face à sa crise démographique. La cité-État promet désormais près de 70 000 dollars singapouriens, soit environ 55 000 dollars américains, d’aides publiques pour chaque enfant, de la naissance jusqu’à ses 17 ans.

Une annonce phare du Premier ministre

C’est lors du National Day Rally, le grand discours annuel du chef du gouvernement, que Lawrence Wong a dévoilé cette réforme le 23 août 2026. Le dispositif combine plusieurs volets, des versements directs, un soutien pour la santé et l’éducation de l’enfant, ainsi qu’un accompagnement renforcé à la parentalité. Le nouveau programme prévoit notamment 10 000 dollars singapouriens la première année de l’enfant, puis 2 000 dollars par an jusqu’à ses 16 ans, auxquels s’ajoutent d’autres aides ciblées.

Le Premier ministre a résumé l’esprit de cette réforme en une phrase, promettant que chaque famille qui choisit d’avoir des enfants pourra compter sur le soutien du gouvernement. L’objectif est clair, offrir un socle d’aides identique à chaque enfant singapourien, quel que soit son rang dans la fratrie, en remplaçant progressivement les anciens dispositifs jugés trop dispersés.

Une natalité tombée à un niveau critique

Cette annonce répond à un chiffre alarmant. Le taux de fécondité singapourien est tombé à 0,87 enfant par femme en 2025, contre 0,97 l’année précédente. Ce niveau est très loin des 2,1 enfants nécessaires pour assurer le simple renouvellement des générations, et compte parmi les plus faibles jamais enregistrés au monde.

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La conséquence se voit déjà dans la structure de la population. En 2025, un citoyen singapourien sur cinq avait au moins 65 ans, contre environ un sur huit seulement dix ans plus tôt. Sans réaction forte, certains responsables préviennent que la population de citoyens pourrait commencer à diminuer dès le début des années 2040.

Vingt ans d’incitations sans réel effet

Le plus frappant dans ce dossier, c’est que Singapour ne découvre pas le problème. Dès 2020, le pays avait déjà mis en place des dispositifs de soutien financier aux familles. Deux décennies d’incitations successives n’ont pourtant jamais réussi à inverser durablement la tendance, un constat que partagent d’ailleurs le Japon et la Corée du Sud, confrontés au même défi démographique dans la région.

Le gouvernement singapourien ne mise d’ailleurs pas uniquement sur l’argent. Le plan prévoit aussi un allongement des congés destinés à la garde des enfants, ainsi qu’un soutien renforcé pour l’accès au logement des jeunes couples.

L’argent, une réponse partielle à un problème plus large

Malgré l’ampleur de cette enveloppe, les autorités singapouriennes restent lucides. Elles reconnaissent que ces aides financières, aussi généreuses soient-elles, ne suffiront probablement pas à elles seules à inverser la courbe des naissances. Le coût du logement, celui de l’éducation et celui de la garde des enfants continuent de peser lourdement sur la décision des jeunes couples de fonder une famille, ou de retarder ce projet.

Pour compenser le déclin annoncé de sa population active, Singapour mise donc aussi sur une politique migratoire active, en parallèle de ce soutien financier. Une double stratégie qui illustre, à elle seule, la difficulté de faire remonter un taux de natalité une fois qu’il est tombé aussi bas.

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