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FIFA : Le boycott de la Coupe du monde par l’UEFA reste d’actualité

Le football mondial traverse une crise inhabituelle. L’UEFA a annoncé qu’elle boycotterait les compétitions de la FIFA, y compris la Coupe du monde. En cause, un projet porté par le président de la FIFA Gianni Infantino, qui souhaite ouvrir le capital d’une nouvelle structure commerciale à des investisseurs privés.

Un projet baptisé FIFA Forward Enterprise

Le plan a été révélé fin juillet. La FIFA veut créer une filiale commerciale appelée FIFA Forward Enterprise, chargée de gérer les droits commerciaux et l’organisation des grandes compétitions, dont la Coupe du monde masculine et féminine. L’objectif affiché est de lever jusqu’à vingt milliards de dollars en cédant une part du capital de cette entité à des investisseurs extérieurs.

Selon plusieurs médias, l’un des principaux investisseurs pressentis serait Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, lui même gendre du président américain Donald Trump. Cette proximité avec l’entourage de la Maison Blanche alimente les critiques. Gianni Infantino entretient depuis plusieurs mois une relation de proximité affichée avec Donald Trump, ce qui nourrit les soupçons d’un rapprochement d’intérêts autour de ce projet.

Lire aussi : Football : L’UEFA menace de boycotter la Coupe du Monde

La FIFA promet en échange des versements importants à ses fédérations membres. Chacune des deux cent onze fédérations pourrait recevoir plus de quatre vingts millions de dollars d’ici 2037 si le projet se concrétise.

Une réponse ferme de l’UEFA

L’instance qui gouverne le football européen n’a pas tardé à réagir. Réunis en urgence le 30 juin, les cinquante cinq pays membres de l’UEFA ont voté à l’unanimité en faveur d’un boycott de toutes les compétitions organisées par la FIFA en cas de mise en œuvre du projet.

Dans son communiqué, l’UEFA estime que la Coupe du monde ne peut pas être traitée comme un simple produit financier. L’organisation redoute qu’une fois des investisseurs installés au capital, chaque décision touchant au calendrier international ou au format des compétitions soit influencée par la recherche de rentabilité plutôt que par l’intérêt du jeu.

Un tel boycott, s’il se confirmait, priverait la prochaine Coupe du monde masculine de 2030 de plusieurs grandes nations européennes, dont l’Espagne, championne du monde en titre, ainsi que la France et l’Angleterre, demi finalistes de l’édition 2026. La Coupe du monde féminine prévue au Brésil serait également concernée, avec l’absence potentielle de plusieurs équipes européennes ayant terminé parmi les meilleures lors du dernier tournoi.

D’autres confédérations emboîtent le pas

L’UEFA n’est pas seule dans cette opposition. La Concacaf, qui regroupe les fédérations d’Amérique du Nord et des Caraïbes, a également rejeté le projet. Elle demande à la FIFA de respecter les procédures habituelles de gouvernance avant toute décision de ce type. La confédération asiatique a de son côté exprimé son soutien aux positions de l’UEFA et de la Concacaf, jugeant préoccupante l’idée de faire entrer des capitaux privés dans la gestion des compétitions phares de la FIFA.

Infantino tente de rassurer

Face à la fronde, Gianni Infantino a pris la parole pour calmer les inquiétudes. Il affirme que le football que les supporters suivent et aiment ne changera pas. Il présente le projet comme une opportunité de développer le jeu à l’échelle mondiale, et non comme une obligation imposée aux fédérations. Selon lui, il s’agit d’une simple proposition soumise au vote démocratique des cent onze membres de la FIFA, dont l’issue reste encore incertaine.

Une crise de gouvernance sans précédent

Cette confrontation ouverte entre la FIFA et l’UEFA constitue l’une des crises les plus sérieuses qu’ait connues la gouvernance du football mondial ces dernières années. Elle intervient quelques semaines seulement après la fin d’une Coupe du monde 2026 organisée aux États Unis, au Canada et au Mexique, et remportée par l’Espagne.

La suite dépendra du calendrier fixé par la FIFA pour trancher ce dossier. En attendant, le monde du football retient son souffle, entre inquiétude pour l’avenir des grandes compétitions et espoir de voir les fédérations trouver un compromis avant que la menace de boycott ne devienne réalité.

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