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Kemi Seba : La justice sud-africaine renvoie le dossier d’extradition à cette date

L’audience était attendue comme un tournant dans l’affaire Kemi Seba. Elle s’est soldée par un nouveau report.

Mardi 14 juillet, la justice sud-africaine devait examiner la demande d’extradition de l’activiste panafricaniste introduite par le Bénin.

Le dossier a finalement été renvoyé au 11 août 2026, la demande béninoise venant tout juste d’être formellement déposée à l’ambassade d’Afrique du Sud à Cotonou.

Près de trois mois jour pour jour après son arrestation, Kemi Seba reste donc derrière les barreaux, tout comme son fils et leur coaccusé présumé, le militant nationaliste afrikaner François van der Merwe.

Une arrestation aux ramifications inattendues

Tout commence le 13 avril 2026, à Pretoria. Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est interpellé avec son fils de 18 ans alors qu’ils tentent, selon la police sud-africaine, de rallier clandestinement le Zimbabwe avec des visas expirés.

À leurs côtés se trouve François van der Merwe, figure du nationalisme afrikaner et fondateur du mouvement des Bittereinders, soupçonné d’avoir organisé leur exfiltration contre rémunération.

Lire aussi : Deux nouveaux mandats contre kemi seba

Lors de l’opération, plus de 300 000 rands en liquide environ 16 000 euros ont été saisis par les enquêteurs, une somme qui aurait dû servir à payer des passeurs.

L’affaire a pris une tournure géopolitique lorsque le parquet a indiqué solliciter le Centre sud-africain de renseignement financier pour retracer des fonds que François van der Merwe aurait perçus de ressortissants russes, ce dernier étant connu pour ses liens avec des cercles nationalistes proches de Moscou.

Deux mandats béninois, une extradition contestée

Le Bénin, pays d’origine de Kemi Seba, a émis deux mandats d’arrêt à son encontre : le premier pour blanchiment de capitaux, le second, daté du 12 décembre 2025, pour apologie de crime et incitation à la haine et à la violence.

Les autorités béninoises l’accusent d’avoir soutenu, via plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, la tentative de coup d’État manquée du 7 décembre 2025 à Cotonou.

L’activiste conteste fermement ces accusations.Sa défense fait valoir que les mandats émis par le Bénin n’ont pas de valeur juridique directe en Afrique du Sud et ont dû être reformulés localement avant l’arrestation.

Les avocats de Kemi Seba s’opposent désormais à l’extradition, qu’ils jugent politiquement motivée, et s’inquiètent des conditions d’un éventuel procès équitable à Cotonou en cas de transfert.

Une détention prolongée par des demandes de liberté toutes rejetées

Depuis avril, les trois hommes ont vu leurs multiples demandes de mise en liberté sous caution systématiquement rejetées.

Les juges de Pretoria ont invoqué à chaque audience un risque de fuite, rappelant que Kemi Seba et son fils avaient déjà tenté de quitter le pays clandestinement une première fois.

Le tribunal a également relevé plusieurs zones d’ombre persistantes sur les motivations exactes de ce déplacement vers le Zimbabwe et sur la nature des liens entre les trois protagonistes.

Figure connue du mouvement panafricaniste et président de l’ONG Urgences panafricanistes, Kemi Seba est né à Strasbourg de parents béninois. Il a été déchu de sa nationalité française en 2024.

Il est aujourd’hui détenteur d’un passeport diplomatique nigérien, délivré par la junte militaire au pouvoir à Niamey, avec laquelle il entretient des relations étroites, tout comme avec Moscou.

Le volet migratoire toujours en cours

Parallèlement au dossier d’extradition, l’enquête sur le volet migratoire la présence irrégulière de Kemi Seba et de son fils sur le sol sud-africain et leur tentative de sortie clandestine suit son cours.

Le parquet chercherait notamment à obtenir des informations auprès de plateformes de cryptomonnaies dans le cadre de cette enquête connexe.

La défense tente, de son côté, de débloquer la situation du fils de l’activiste, âgé de 18 ans, afin qu’il puisse rejoindre la France.

La prochaine étape judiciaire, fixée au 11 août, devrait permettre à la justice sud-africaine d’examiner plus en détail le volumineux dossier transmis par Cotonou, qui détaille dates, lieux et circonstances des faits reprochés.

D’ici là, Kemi Seba, son fils et François van der Merwe resteront en détention à Pretoria.

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