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Macky Sall et Diomaye Faye face à face vendredi : Ce qui se prépare

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Deux présidents. Un même palais. Vendredi 17 juillet, une page inédite s’écrit à Dakar. Bassirou Diomaye Faye recevra Macky Sall. Ce sera leur première rencontre officielle depuis avril 2024.

Une visite éclair, minutée à l’heure près

Le programme est serré. Macky Sall doit atterrir à Dakar vers 15 heures. Son audience au Palais est prévue une heure plus tard. Il repartirait ensuite dès 18 heures, direction les États-Unis. Pas d’autre étape publique ce jour-là. L’ancien président promet toutefois un second passage à Dakar. Ce futur voyage serait consacré aux militants et aux sympathisants.

Depuis son départ du pouvoir, Macky Sall vivait au Maroc. Ses contacts avec les nouvelles autorités sénégalaises restaient rares. Ce vendredi marque donc une rupture. Un vrai retour, même bref, sur le sol sénégalais.

Une candidature à l’ONU en toile de fond

Le contexte de cette visite est clair. Macky Sall brigue le poste de secrétaire général des Nations unies. Il veut succéder à António Guterres. Son mandat s’achève le 31 décembre 2026.

Lire aussi : Au Sénégal, Diomaye Faye lance sa propre coalition

Mais Dakar n’a toujours pas tranché. En mars, les autorités avaient même nié tout soutien officiel. Puis en mai, Diomaye Faye a dénoncé des pressions venues d’autres chefs d’État africains. L’Union africaine a, de son côté, imposé une procédure de silence. Elle interdit aux dirigeants de se prononcer publiquement sur ce dossier.

Macky Sall a pourtant multiplié les démarches. Une saisine officielle en mars. Un émissaire envoyé à Dakar. Un geste jugé insuffisant par le camp présidentiel. Cette audience de vendredi pourrait donc, enfin, débloquer les choses. Ou confirmer, au contraire, que rien ne bouge.

Un passé judiciaire qui pèse encore

Le climat reste lourd. Le second mandat de Macky Sall a laissé des traces. Un collectif de chercheurs a recensé 65 morts entre mars 2021 et février 2024. La plupart par balles. Les autorités actuelles évoquent, elles, un bilan dépassant 80 décès.

Le parquet général de Dakar a ouvert une enquête. Elle vise des crimes contre l’humanité sur cette période. Le Conseil constitutionnel a jugé que la loi d’amnistie de mars 2024 ne couvrait pas cette qualification. Ce dossier judiciaire n’a donc rien d’anecdotique. Il plane sur toute rencontre entre les deux hommes.

Une audience scrutée de toutes parts

Sur le plan politique, le moment est aussi sensible. Diomaye Faye traverse une période de tensions avec Ousmane Sonko, son ex-mentor. Recevoir Macky Sall, dans ce contexte, n’est pas un choix neutre. Certains y voient un rapprochement calculé avec l’ancien régime. D’autres, une simple obligation protocolaire, dictée par les usages diplomatiques.

L’opinion sénégalaise, elle, reste partagée. Les réseaux sociaux bruissent déjà de commentaires contrastés. Entre nostalgie de l’ère Sall et rappel des violences politiques passées, le débat dépasse largement le seul dossier onusien.

Ce que vendredi pourrait vraiment changer

Reste une question centrale. Cette audience débouchera-t-elle sur un soutien officiel de Dakar à l’ONU ? Rien ne l’annonce pour l’instant. Le format même de la rencontre une heure, sans marge laisse peu de place à un revirement spectaculaire. Mais en diplomatie, parfois, une poignée de main compte plus qu’un communiqué. Vendredi, Dakar ne tranchera peut-être pas le fond du dossier. Elle en écrira, au moins, un chapitre que personne n’attendait plus.

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