Les marchés financiers sanctionnent de plus en plus le Sénégal alors que les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) restent au point mort.
Les obligations sénégalaises libellées en euros et en dollars ont connu une forte baisse ces dernières semaines, traduisant une défiance croissante des investisseurs envers le pays.
La situation s’explique par plusieurs facteurs : d’abord, les discussions autour d’un nouveau programme avec le FMI n’ont pas abouti, laissant planer une incertitude sur la capacité du Sénégal à honorer sa dette. Ensuite, des tensions politiques internes, visibles notamment lors des récents discours du Premier ministre Ousmane Sonko, ont accentué le climat d’incertitude.
« Ce que nous disent nos partenaires, c’est de restructurer cette dette abyssale que nous avons découverte. Mais nous avons été clairs : il n’en est pas question. Ce serait une humiliation pour notre peuple », déclarait Ousmane Sonko le 8 novembre lors d’un rassemblement politique. Ces propos ont été perçus par les marchés comme un signal de fermeté qui pourrait compliquer toute négociation future avec le FMI.
Les analystes financiers alertent : si le blocage persiste, le Sénégal pourrait voir le coût de son emprunt augmenter, pesant davantage sur les finances publiques et l’économie nationale. Pour certains experts, la clé réside dans une reprise rapide du dialogue avec le FMI afin de restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser les obligations souveraines.
Le gouvernement sénégalais, quant à lui, insiste sur sa volonté de défendre la souveraineté du pays et d’éviter toute mesure perçue comme humiliante pour la population. Mais les marchés, eux, semblent privilégier la prudence, et le risque de contagion sur d’autres indicateurs économiques reste réel.
Alors que le Sénégal navigue entre impératifs financiers et contraintes politiques, la communauté internationale et les investisseurs observent de près la capacité du pays à trouver un compromis qui rétablira la confiance et évitera une aggravation de la crise.
Aida Rachel KOUMONDJI(stagiaire)




