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Immigration au Canada : Entrée express revalorise les offres d’emploi, ce qui change

Depuis le 3 novembre 2026, une offre d’emploi peut de nouveau rapporter des points aux candidats à la résidence permanente. Mais la nouvelle règle est plus ciblée qu’avant, et elle ne s’applique pas à tous les métiers. Voici l’essentiel.

Un retour en arrière… à moitié

Entrée express est le système que le Canada utilise pour gérer les demandes de résidence permanente de travailleurs qualifiés. Il regroupe trois programmes fédéraux : celui des travailleurs qualifiés, celui des travailleurs de métiers spécialisés et la Catégorie de l’expérience canadienne. Chaque profil reçoit une note dans le Système de classement global (SCG), sur 1 200 points. Les mieux classés sont invités à déposer une demande.

En mars 2025, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) avait retiré les points accordés aux offres d’emploi, qui étaient de 50 ou 200 selon le poste. Motif : limiter la fraude, car des offres et des études d’impact sur le marché du travail s’achetaient illégalement. Annoncée le 16 octobre par la ministre Lena Metlege Diab, la réforme actuelle réintroduit ces points, mais avec une logique différente : on récompense désormais les professions bien rémunérées, plutôt que toute offre d’emploi.

Combien de points, et pour quels emplois ?

Le nombre de points dépend du salaire médian de la profession au Canada. Ce n’est pas le salaire proposé à la personne qui compte, mais celui que la profession offre en moyenne à l’échelle du pays.

Lire aussi : Les Etats-Unis suspendent les demandes d’immigration en provenance de 19 pays dont le Togo

Les secteurs les plus concernés comprennent la santé, les métiers spécialisés, l’ingénierie, la technologie et l’éducation. Pour savoir si votre métier fait partie de la liste, il faut vérifier sa classification officielle auprès d’IRCC, sans se fier aux annonces ou aux intermédiaires.

Un bonus aussi pour l’expérience canadienne

La réforme ne touche pas que les offres d’emploi. Les candidats qui ont au moins 12 mois d’expérience au Canada dans une profession admissible à salaire élevé peuvent obtenir 20, 40 ou 70 points supplémentaires, selon le niveau de rémunération du métier.

Attention : ces points ne se cumulent pas avec ceux d’une offre d’emploi. Il faut donc comparer ce qui est le plus avantageux dans son propre cas.

L’EIMT n’est plus obligatoire pour ces offres

Autre changement majeur : l’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), qui obligeait l’employeur à prouver qu’aucun travailleur canadien n’était disponible, n’est plus exigée pour qu’une offre admissible donne droit aux nouveaux points. Elle n’est pas non plus requise pour que l’offre réponde aux exigences des programmes fédéraux des travailleurs qualifiés et des métiers spécialisés. Pour les employeurs comme pour les candidats, c’est une démarche administrative en moins, souvent longue et coûteuse.

Cela ne veut pas dire que les contrôles disparaissent. Les agents continueront de vérifier que l’entreprise existe, que le poste est crédible et que le candidat a bien les qualifications requises. Et cette suppression ne vaut pas pour tous les programmes d’immigration canadiens : elle concerne seulement les cadres expressément visés par la réforme.

Ce que cela change concrètement

– Les profils déjà dans le bassin sont recalculés automatiquement. L’opération peut prendre jusqu’à deux semaines, et IRCC a suspendu les rondes d’invitations pendant ce temps.

– Il faut un profil à jour. Pour obtenir des points liés à une offre, les informations sur l’employeur et le poste doivent figurer dans votre profil et être exactes.

– Les points ne garantissent rien. Une invitation dépend toujours de la note minimale demandée lors de chaque ronde.

Notre regard : une bonne nouvelle, mais pas un raccourci

Cette réforme montre que le Canada veut mieux cibler les profils dont son économie a besoin, tout en évitant les dérives qui avaient conduit à la suppression des points en 2025. Pour un travailleur qualifié dans un métier bien payé, c’est un vrai coup de pouce. Pour les autres, rien ne change fondamentalement : l’âge, les études, la maîtrise des langues et l’expérience restent les piliers de la note.

Elle appelle aussi à la vigilance. Chaque fois que les règles évoluent, des personnes mal intentionnées proposent de « vendre » des offres d’emploi ou de garantir une invitation. Or aucune offre n’est valable si elle n’est pas réelle, et personne ne peut promettre un résultat. Si l’on vous demande de l’argent pour obtenir une offre, c’est un signal d’alerte. Mieux vaut passer par un employeur vérifiable et par des informations officielles.

Enfin, IRCC présente ces changements comme une première étape d’une réforme plus large. D’autres ajustements sont donc possibles. Il vaut mieux consulter régulièrement le site du gouvernement canadien avant toute décision.

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