Le Burkina Faso a perdu 7 à 0 face à l’Argentine avec une sélection U23 improvisée. Lundi 5 octobre, le président Ibrahim Traoré a promis de soigner un football qu’il juge malade, quitte à défier la FIFA.
Un déplacement chaotique et une lourde défaite
Tout part d’un match amical à Buenos Aires. L’équipe A des Étalons devait y affronter l’Argentine. Mais son vol a été annulé et les joueurs sont restés bloqués au Maroc. Ils n’ont donc pas pu rejoindre l’Argentine.
Pour éviter l’annulation du match, des joueurs U23 ont été appelés en urgence. Ils sont partis du Burkina Faso, ont fait escale au Maroc, puis ont rejoint l’Argentine dans des conditions éprouvantes. Ils ont ensuite perdu 7 à 0.
Le score fait mal. Mais pour le chef de l’État, l’essentiel est ailleurs. Il a salué ces jeunes joueurs, qui ont permis d’éviter une annulation. Une telle annulation aurait pu exposer la Fédération burkinabè de football, la FBF, à des sanctions.
Le message d’Ibrahim Traoré
Le président s’est exprimé lundi 5 octobre. Il recevait en audience les Étalons U15 filles, finalistes du championnat d’Afrique scolaire au Zimbabwe. Devant elles, il a parlé sans détour. Il a affirmé que le football burkinabè est malade et qu’il faudra trouver des remèdes.
Il a dit avoir suivi le match contre l’Argentine. Malgré le résultat, il retient le potentiel de la jeunesse sportive du pays. Cela lui donne envie de réinvestir dans le sport en général et dans le football en particulier. Mais il pose une condition. Pour réinvestir, il faut d’abord soigner le mal.
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Le président a annoncé des décisions dans les prochains jours. Il n’a pas détaillé les mesures. Il a seulement évoqué de nouvelles choses qui pourraient apparaître. Selon les médias qui ont rapporté ses propos, il veut agir sur l’organisation, les infrastructures et les conditions de vie des joueurs.
Le mal est plus ancien que ce 7 à 0. Le Burkina Faso a été éliminé en huitièmes de finale de la dernière Coupe d’Afrique des nations, ce qui a coûté son poste à l’entraîneur Brama Traoré. Les débats sur la gestion du football burkinabè existaient donc déjà. Le voyage raté en Argentine a servi de déclencheur.
Pour la jeune génération, l’épisode a eu un côté presque positif. Les U23 ont accepté un départ précipité et un long trajet pour sauver l’honneur du pays. Beaucoup de supporters retiennent leur engagement, même si le score est sévère. Le président en personne a insisté sur ce potentiel de la jeunesse, qu’il veut mieux accompagner.
Le risque d’un bras de fer avec la FIFA
Le point le plus sensible est ailleurs. Ibrahim Traoré a dit que l’État n’avait pas le choix et devait intervenir dans le football, « qu’on soit suspendus ou pas ». Il accepte donc le risque de sanctions.

Pourquoi ce risque existe ? Les règles de la FIFA demandent que les fédérations nationales restent indépendantes des pouvoirs publics. Si les autorités prennent la main sur la gestion ou les nominations de la FBF, la FIFA peut y voir une ingérence. Elle a déjà suspendu des fédérations pour cette raison dans le passé.
Une suspension aurait des effets lourds. Les équipes nationales et les clubs du Burkina Faso ne pourraient plus participer aux compétitions internationales. Les premiers perdants seraient les joueurs, ceux de l’équipe A comme ceux des catégories de jeunes. Certains observateurs soulignent justement ce paradoxe. Vouloir protéger le football national peut conduire à le priver de scène internationale.
À ce stade, on ne sait pas quelles mesures seront prises. On ne sait pas non plus comment la FIFA et la Confédération africaine de football réagiront. Plusieurs scénarios sont possibles. Le gouvernement peut financer et encadrer le football tout en laissant la FBF gérer ses affaires. Il peut aussi aller plus loin et provoquer un conflit ouvert.
Il faut aussi rappeler un point de méthode. Les propos du président sont pour l’instant des annonces. Aucune décision écrite n’a été détaillée dans les articles consultés. Il est donc prudent de distinguer ce qui a été dit lundi de ce qui sera réellement mis en œuvre.
Pour les supporters, la question est simple. Ils veulent des voyages bien préparés, des équipes respectées et des résultats à la hauteur du talent des joueurs. Le fiasco d’Argentine a montré qu’un match ne se gagne pas seulement sur le terrain. Il se prépare aussi dans les bureaux, dans les aéroports et dans les budgets. Les prochains jours diront si la réforme promise s’attaque à ces causes profondes.


