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Guinée-Bissau :un proche de l’ancien président Embalo limogé

Le chef de la junte au pouvoir à Bissau a limogé un nouveau proche de l’ancien président Umaro Sissoco Embalo. Les évictions se poursuivent, à moins de deux mois de la présidentielle annoncée.

Sadji Fati écarté du palais

Le lieutenant général Sadji Fati a été limogé avec effet immédiat, ce mercredi 14 octobre 2026. La décision a été prise par le général Horta N’Tam, qui dirige le régime militaire.

Sadji Fati occupait une place sensible. Il dirigeait le cabinet civil de la présidence, ce qui le plaçait au cœur de l’appareil présidentiel. Il avait aussi été ministre de la Défense et conseiller militaire sous Umaro Sissoco Embalo.

Il fait partie des derniers responsables proches de l’ancien chef de l’État à être encore en poste. Les autorités n’ont pas détaillé publiquement les raisons de ce départ.

Dans un régime de transition, le cabinet de la présidence joue un rôle clé. C’est lui qui prépare les décisions, filtre les dossiers et entoure le chef de l’État. Y placer un homme de confiance, ou en retirer un autre, envoie donc un signal fort sur le contrôle du pouvoir.

Une série de limogeages depuis le coup d’État

Ce n’est pas un fait isolé. Umaro Sissoco Embalo a été renversé le 26 novembre 2025, quelques jours après la date prévue pour les élections générales. Depuis, plusieurs responsables des forces de défense et de sécurité ont perdu leur poste.

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Le 6 octobre 2026, un décret présidentiel a mis fin aux fonctions de deux membres du gouvernement de transition. Il s’agit du général Mama Saliu Embalo, ministre de l’Intérieur, et de Maria da Cruz Correia, ministre de la Pêche et de l’Économie maritime. Selon des médias, le premier est le jeune frère de l’ancien président. La seconde est réputée proche d’un cadre de l’ancien régime.

Le maire de Bissau, Umaro Baldé, qui a dirigé un mouvement politique soutenant l’ancien président, a lui aussi été écarté de ses fonctions.

Aucun motif officiel n’a été donné pour ces décisions. Mais elles interviennent dans un contexte très précis. Fin septembre, Umaro Sissoco Embalo a annoncé à l’AFP son intention de rentrer au pays et d’être candidat à l’élection présidentielle du 6 décembre 2026. Il devait revenir le 4 octobre.

La junte lui a interdit de rentrer. L’ancien président a pris acte de cette interdiction, tandis que l’opposition a exprimé sa satisfaction. Depuis, les limogeages de ses proches se succèdent.

Il faut préciser que ces changements ne prouvent pas, à eux seuls, une manœuvre de la part de ces responsables. Ils montrent surtout la volonté du pouvoir en place de ne laisser aucun relais à l’ancien président avant le vote. Des observateurs y voient une forme de prudence, d’autres une façon de réduire la concurrence.

Un pays habitué aux crises, un scrutin sous tension

Pour comprendre ces événements, il faut regarder l’histoire du pays. La Guinée-Bissau est un petit pays d’Afrique de l’Ouest, de langue portugaise. Elle est indépendante depuis 1974 et elle connaît une forte instabilité politique depuis cette date.

Dans ce genre de situation, il est courant que les nouvelles autorités remplacent les personnes de confiance de l’ancien pouvoir. Les spécialistes parlent de reprise en main de l’appareil d’État. L’objectif est d’éviter que des réseaux fidèles à l’ancien régime ne reprennent la main, surtout à l’approche d’une élection.

Mais cette méthode a un coût politique. Elle peut donner l’impression que le scrutin se prépare sans l’un des acteurs majeurs. Elle alimente aussi les doutes sur le retour des civils au pouvoir, puisque la transition se montre de plus en plus ferme.

Pour les habitants, plusieurs questions restent ouvertes. Umaro Sissoco Embalo pourra-t-il finalement se présenter, ou son retour restera-t-il bloqué ? Les autorités organiseront-elles un vote jugé crédible par l’opposition, par les partenaires étrangers et par la région ? Et que fera la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui suit de près la transition ?

Pour l’instant, une chose est claire. Le paysage politique se recompose vite à Bissau. Les prochaines semaines diront si la date du 6 décembre sera tenue, et dans quelles conditions.

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