Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a dévoilé dimanche 11 octobre 2026 une nouvelle équipe gouvernementale. Huit personnalités entrent, cinq partent, mais les grands ministères économiques ne bougent pas.
L’annonce est tombée un dimanche, trois jours après un Conseil des ministres consacré aux pénuries de carburant, d’eau et d’électricité. La secrétaire générale de la Présidence, Murielle Minkoue Mezui, a lu la liste. Le gouvernement compte désormais 32 membres, contre 30 en janvier selon la plupart des médias. Quelques sources donnent des chiffres légèrement différents, ce qui s’explique par la façon de compter les ministres délégués.
Les départs et les arrivées
Le départ le plus commenté est celui de Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre d’État chargée de l’Éducation nationale. Elle est remplacée par Jacqueline Ilogue Bignoumba, qui s’occupait jusque-là du Travail. La nouvelle ministre n’a pas le rang de ministre d’État.
Un autre départ marque les esprits. Philippe Tonangoye quitte le ministère de l’Eau et de l’Énergie, un dossier très sensible. Olivier Mouckocko prend sa place. Le président avait reconnu en juin devant le Parlement les difficultés de la Société d’énergie et d’eau du Gabon, dont la scission a ensuite été engagée.
Jean-François Ndong Obiang, Lubin Ntoutoume et Armande Longo quittent aussi l’équipe.
Lire aussi :
Du côté des entrants, on trouve notamment Lambert Mouvinde Millot aux Travaux publics, Raïssa Nana aux Affaires sociales, Georges Christian Waza à la Pêche, Axel Jesson Ayenoue au Tourisme et Stephen Olouna Mouba à l’Environnement. Neuf femmes siègent dans la nouvelle équipe.
À l’Intérieur, Edgard Moukoumbi, qui dirigeait les Travaux publics, devient ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Il succède à Adrien Nguema Mba, maintenu au gouvernement comme ministre du Travail. Un ministre délégué, Malcom Emery Djenno Ngomanda, l’épaulera.
Ce remaniement ne se limite pas à des changements de visages. Plusieurs ministères sont redessinés.
Le Commerce et l’Industrie sont réunis dans un seul ministère, confié à Emmanuel Eyeghe Nze. Il devient aussi porte-parole du gouvernement, une fonction qu’occupait Charles Edgard Mombo, qui reste à l’Enseignement supérieur. Les PME et l’Entrepreneuriat forment désormais un portefeuille à part, toujours dirigé par Zenaba Gninga Chaning.
L’Environnement et le Climat sont séparés des Eaux et Forêts. Un nouveau ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle voit le jour, confié à Marcelle Ibinga. Dans le même temps, le nombre de ministres d’État tombe à deux. Il s’agit de Brigitte Onkanowa à la Défense et d’Ulrich Manfoumbi Manfoumbi aux Transports.
Ces créations expliquent en partie pourquoi l’équipe s’agrandit. Le gouvernement gagne en précision sur certains sujets, mais il devient aussi un peu plus lourd.
Ce qui ne change pas
Le plus frappant est la continuité. Vingt-cinq des trente membres de l’ancienne équipe restent en place, selon un décompte publié par la presse économique.
Hermann Immongault conserve la vice-présidence du gouvernement, c’est-à-dire la coordination de l’équipe. Thierry Minko garde l’Économie, les Finances, la Dette et les Participations. Clotaire Kondja reste au Pétrole et au Gaz, Sosthène Nguema Nguema aux Mines et Louise Pierrette Mvono à la Planification.
Ce choix compte à un moment où le pays doit gérer sa dette et ses finances publiques. Une controverse existe d’ailleurs sur le niveau de l’endettement. Le gouvernement a publié un audit qui le place sous le seuil communautaire de 70 % du PIB, alors que la Banque mondiale prévoit environ 80 % à la fin de 2026. Garder la même équipe aux Finances envoie un signal de stabilité, surtout face aux bailleurs de fonds.

Une équipe attendue sur ses résultats
Ce remaniement arrive dix-huit mois après l’élection présidentielle d’avril 2025 et plus de trois ans après le coup d’État du 30 août 2023. La transition institutionnelle est terminée. Oligui Nguema s’appuie sur une majorité parlementaire dominée par son parti, l’Union démocratique des bâtisseurs.
Les priorités fixées lors du Conseil des ministres du 8 octobre sont connues. Il s’agit de l’accès à l’eau et à l’électricité, des infrastructures, du logement, des PME, de l’emploi et du règlement de la dette intérieure. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’améliorer concrètement la vie des citoyens.
La pression est forte sur le terrain. Le carburant subventionné coûte à l’État environ 30 milliards de FCFA par mois, et la raffinerie SOGARA ne couvre plus qu’une petite partie de la demande nationale, d’après la presse économique. Le président a ordonné des études pour une nouvelle raffinerie.
Un remaniement change rarement la vie des habitants du jour au lendemain. Ce qui comptera, ce sont les coupures d’eau et d’électricité, les prix, et les résultats que le gouvernement pourra montrer dans les prochains mois. C’est sur ces points que les Gabonais jugeront la nouvelle équipe.


