Le Parlement a adopté une réforme constitutionnelle majeure introduisant un poste de vice-président, qui sera directement nommé par le chef de l’État, Paul Biya.
Réunis en Congrès dans la capitale camerounaise, les députés et sénateurs ont largement validé le texte par 205 voix pour et 16 contre. Cette adoption, portée par la majorité présidentielle dominée par le RDPC, vise officiellement à garantir la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir.
Avec cette réforme, le vice-président devient désormais le successeur direct du président, reléguant le président du Sénat au second rang dans l’ordre de succession.
La création de ce nouveau poste apparaît ainsi comme un mécanisme permettant d’encadrer une éventuelle transition, même si aucun calendrier n’a été fixé pour la nomination du futur vice-président.
L’opposition n’a pas tardé à réagir. Pour Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), cette réforme constitue un « coup d’État constitutionnel », accusant le pouvoir de vouloir organiser une succession sans passer par les urnes.
Au-delà du champ politique, plusieurs acteurs de la société civile s’inquiètent des implications démocratiques de cette réforme. Certains estiment qu’elle pourrait affaiblir le principe du suffrage universel en matière de désignation du chef de l’État.
Des observateurs soulignent également les enjeux liés à l’équilibre national, dans un pays marqué par des tensions sociopolitiques persistantes.
Dans l’attente d’une décision officielle, une chose est certaine : cette réforme rebat les cartes du paysage politique camerounais et relance le débat sur l’après-Biya.
Aida Rachel KOUMONDJI(stagiaire)



