Deviens membre !

Nous vous enverrons au moins deux (2) par semaines des nouvelles et opportunités

― PUBLICITE ―

spot_img
AccueilSantéSénégal : 72 heures de grève annoncées par le SAMES, le secteur...

Sénégal : 72 heures de grève annoncées par le SAMES, le secteur de la santé sous pression

Les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du SAMES sont en grève depuis ce mercredi 28 octobre, pour trois jours. Les urgences restent assurées, mais les consultations programmées risquent d’être perturbées.

Trois jours de grève dans tout le pays

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal, le SAMES, a décrété une grève de 72 heures. Son Bureau exécutif national, réuni en session extraordinaire, a pris la décision le mardi 27 octobre. Le mot d’ordre court du mercredi 28 au vendredi 30 octobre 2026, sur l’ensemble du territoire.

Le mouvement est mené avec deux autres organisations. Il s’agit du Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation, le COMES, et de l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux du Sénégal, l’AIAIHS. Ces deux structures regroupent des praticiens encore en formation, très présents dans les services hospitaliers au quotidien.

Le service des urgences est maintenu. Les consultations programmées, certaines activités hospitalières et les actes non urgents peuvent en revanche être perturbés. C’est la règle habituelle des grèves dans la santé, où l’on protège d’abord les situations vitales.

Le syndicat a annoncé un point de presse le jeudi 29 octobre à 11 heures, à Dakar. Il doit y détailler ses motivations et sa plateforme de revendications. Son message est clair. « Le SAMES ne cédera pas », assure le communiqué.

Pourquoi la colère monte

Le SAMES dénonce d’abord une inertie persistante du gouvernement face à ses demandes. Il s’indigne aussi de propos attribués au ministre de la Santé, qui aurait invité les médecins sénégalais à se faire recruter à l’étranger. Le syndicat les juge odieux et y voit un profond mépris pour le corps médical.

Une précision s’impose. Le communiqué ne reproduit pas la déclaration exacte du ministre et ne dit pas dans quelles circonstances elle aurait été faite. Plusieurs médias relèvent aussi que le texte ne détaille pas, point par point, les revendications. Le point de presse de jeudi devrait donc apporter des éclaircissements, et la version du ministre reste à connaître.

D’après Wannel TV, les demandes portent sur un statut particulier pour le corps médical, de meilleures conditions de recrutement, un vrai plan de carrière, un régime d’indemnités et une pension de retraite plus équitable.

Rien de tout cela n’est nouveau. En février 2025 déjà, le SAMES faisait grève pour le recrutement des médecins, le statut des médecins en spécialisation et la revalorisation des salaires. À l’époque, le syndicat expliquait que ses interlocuteurs le renvoyaient vers le Premier ministre, sans proposition concrète.

Les grèves de septembre 2026 montrent le même blocage. Le SAMES a enchaîné des arrêts de travail les 8 et 9, les 16 et 17, puis les 23 et 24 septembre. Pour ces deux derniers jours, il a annoncé lui-même un taux de suivi de 99,64 %. Une grève de 72 heures a ensuite démarré le 28 septembre.

À la fin de ce mois, un mécanisme de suivi des engagements avait été évoqué entre le syndicat et le ministère. La reprise du mouvement un mois plus tard montre que le dialogue reste fragile.

Ce que cela change pour les patients et pour l’État

Pour les malades qui dépendent uniquement des hôpitaux publics, l’inquiétude est réelle. Comme le souligne Xalima, la question est particulièrement sensible pour les populations qui dépendent uniquement du service public hospitalier. Le maintien des urgences protège les situations vitales. Pour un rendez-vous qui peut attendre, il vaut mieux appeler la structure de santé avant de se déplacer, afin de savoir si la consultation est assurée.

Cette grève arrive aussi dans un contexte budgétaire tendu. À l’Assemblée nationale, le budget rectificatif 2026 est bloqué. Les députés de la majorité Pastef contestent notamment des coupes dans la santé. Le Premier ministre, lui, affirme que la construction de 35 centres de santé a perdu son financement dans ce texte. Les moyens du secteur sont donc au cœur de deux débats en même temps, l’un au Parlement, l’autre dans les hôpitaux.

Quant aux propos sur l’expatriation des médecins, ils touchent un sujet sensible. Le départ de professionnels de santé vers l’étranger est une préoccupation dans de nombreux pays africains. Pour le SAMES, présenter l’étranger comme une solution revient à ignorer les difficultés du système sanitaire sénégalais.

Lire aussi : Sénégal : le budget rectificatif bloqué en commission, que se passe-t-il ?

Plusieurs choses sont à suivre dans les prochains jours. Le point de presse de jeudi dira si le syndicat durcit encore le ton ou s’il ouvre la porte à des discussions. Les autorités sanitaires devront aussi préciser les services réellement maintenus dans les hôpitaux.

L’issue dépendra de la reprise du dialogue entre le SAMES et le gouvernement. Les patients, eux, espèrent surtout que les hôpitaux retrouvent vite un fonctionnement normal.

Articles simailaires