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Mbappé dans la tourmente en Chine : ses propos sur Mao lui coûtent des sponsors

En quelques heures, trois marques chinoises ont rompu avec Kylian Mbappé. En cause, une vidéo où il parle d’un montage le montrant en dictateur chinois.

Une vidéo, puis la rupture en cascade

Mardi 27 octobre 2026, deux géants chinois de la consommation ont mis fin à leur collaboration avec Kylian Mbappé. Il s’agit de Dongpeng, fabricant de boissons énergisantes, et de Mengniu, grand groupe laitier. Un troisième partenaire, le producteur de fromage Milkground, a suivi, selon l’agence américaine Associated Press.

Les communiqués sont très durs. Dongpeng affirme avoir une tolérance zéro pour tout comportement qui blesse les sentiments nationaux. L’entreprise annonce la fin de toute coopération avec effet immédiat. Mengniu emploie presque les mêmes mots. Dongpeng avait pourtant nommé le joueur ambassadeur de sa boisson en avril dernier, juste avant la Coupe du monde.

Tout part d’une courte séquence tirée d’une interview. On y voit l’attaquant du Real Madrid raconter quel est le montage humoristique qui l’a le plus fait rire sur Internet. Il s’agit d’une image où son visage est collé sur le corps d’un homme qu’il décrit comme un dictateur chinois. Il ajoute qu’il l’utilise souvent avec ses amis en ligne. Dans cet extrait, Mbappé ne prononce pas le nom de Mao Zedong. C’est le montage, présenté dans la vidéo, qui renvoie au fondateur de la Chine communiste.

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L’extrait semble provenir d’un entretien en coulisses avec l’émission française The Bridge, enregistré plus tôt cette année. Selon la presse espagnole, l’émission a depuis retiré la vidéo de ses comptes. Le média public australien ABC, qui a enquêté sur l’affaire, précise qu’il n’a pas pu vérifier de façon indépendante l’authenticité de la séquence. Jusqu’ici, Mbappé n’a pas réagi publiquement.

Pourquoi Mao reste un sujet intouchable

Pour comprendre l’ampleur de la réaction, il faut regarder l’histoire. Mao Zedong, mort en 1976, a fondé la République populaire de Chine en 1949. Son portrait figure encore sur tous les billets de 100 yuans et sur la place Tiananmen. Il reste une figure officielle du récit national, et plaisanter à son sujet est généralement considéré comme un tabou.

L’État chinois est monté au créneau. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a estimé que les propos du joueur blessent les sentiments du peuple chinois. Il a ajouté qu’ils susciteraient un rejet de toute la société. La plateforme sportive Dongqiudi a déclaré qu’elle ne traduirait pas les remarques de Mbappé, jugées offensantes. Selon le quotidien espagnol El País, cité par Forbes, la télévision d’État CCTV aurait même suspendu la diffusion de la Liga espagnole, le championnat du Real Madrid. Cette information reste à confirmer.

Sur le réseau Weibo, l’annonce de Dongpeng est arrivée en tête des sujets du jour, avec près de 400 millions de vues sur la page consacrée. Fait curieux, plusieurs internautes chinois disaient ne pas comprendre ce que le joueur avait réellement dit, car les messages parlaient surtout de la rupture des contrats. D’autres évoquaient la personne « du billet de 100 yuans » sans citer de nom. Cette prudence montre à quel point le sujet est sensible.

Le contexte français compte aussi. En septembre, dans un entretien avec France Football, Mbappé avait expliqué que les montages le comparant à des dictateurs avaient un côté drôle, mais aussi un côté beaucoup moins drôle. Il disait ne pas apprécier d’être rapproché de personnes qui ont fait souffrir des millions d’êtres humains. Ces montages jouent sur l’image d’un capitaine de l’équipe de France qu’on dit autoritaire dans le vestiaire. Autrement dit, il parlait d’une blague entre amis, pas d’un jugement sur l’histoire chinoise. Mais cette nuance a eu peu de poids face à la colère des marques.

Un risque connu pour les stars du sport

Ce n’est pas la première fois qu’un sportif mondial paie cher une polémique en Chine. En 2019, le milieu de terrain Mesut Özil avait critiqué le traitement des Ouïghours. Son club, Arsenal, avait pris ses distances, et le joueur avait disparu des retransmissions chinoises. Des sujets comme Taïwan, le Tibet ou Hong Kong ont déjà provoqué des ruptures similaires.

Pour les stars du football, l’équation est simple. La Chine est un marché énorme, où les contrats de sponsoring se chiffrent en millions. Mais ce marché est aussi très attentif aux symboles politiques. Une phrase prononcée à Paris ou à Madrid, puis diffusée sur les réseaux sociaux, peut franchir les frontières en quelques heures et provoquer une crise commerciale.

Le timing aggrave la situation pour Mbappé. L’affaire éclate le lendemain de la cérémonie du Ballon d’Or à Londres, où il a terminé deuxième derrière Harry Kane. Selon le classement de Forbes, il fait partie des footballeurs les mieux payés au monde, et ses revenus dépendent en partie de ses contrats publicitaires.

Plusieurs questions restent ouvertes. Mbappé ou son entourage vont-ils s’exprimer, pour préciser le sens de ses propos ? D’autres marques chinoises vont-elles suivre ? Et le Real Madrid, très présent sur le marché asiatique, sera-t-il touché à son tour ? Les prochains jours apporteront des réponses. En attendant, l’épisode rappelle une règle devenue essentielle pour les personnalités publiques. Sur les réseaux sociaux, une plaisanterie ne reste jamais locale, et son sens se perd souvent en traversant les langues et les cultures.

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