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Commerce électronique transfrontalier : Edem Kokou AGOUOTSE en immersion à Beijing

Trente-cinq cadres de l’administration et du secteur privé togolais sont à Beijing du 20 octobre au 2 novembre 2026. Leur mission est d’apprendre comment la Chine vend ses produits au monde entier par internet, pour en tirer des leçons au Togo.

Une mission de deux semaines sous l’égide du ministère

Le séminaire porte sur le commerce électronique transfrontalier, c’est-à-dire la vente en ligne de produits d’un pays à des clients installés dans un autre. Il est organisé sous l’égide du Ministère délégué chargé du commerce et du contrôle de la qualité. La délégation réunit des agents publics et des chefs d’entreprise, ce qui n’a rien d’un hasard. Pour réussir dans ce domaine, l’État doit préparer les règles, les douanes et la logistique, et les entreprises doivent savoir quoi vendre et comment le livrer.

Parmi les participants figure Aguotse Kokou Edem, directeur général d’UNICOS, une entreprise togolaise qui commercialise la gamme de cosmétiques SAHEL. Dans un message publié à l’occasion du voyage, il explique que cette mission renforce la coopération entre le Togo et la République populaire de Chine. Pour son entreprise, l’enjeu est précis. Il s’agit de s’inspirer du modèle chinois afin de faire connaître ses produits au delà des frontières et de renforcer sa présence en ligne.

Ce déplacement arrive dans un moment de rapprochement entre Lomé et Pékin. Quelques jours plus tôt, du 9 au 16 octobre, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, effectuait lui-même une visite officielle en Chine. Le séminaire de Beijing prolonge donc, à un niveau plus concret, des échanges politiques de haut niveau.

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Pourquoi la Chine sert de référence

Pour comprendre l’intérêt de ce voyage, il faut regarder ce que la Chine a construit en une dizaine d’années. Le pays a transformé le commerce en ligne à l’international en un véritable secteur organisé. Depuis 2015, il a créé des zones pilotes, plus d’une centaine aujourd’hui, où les entreprises bénéficient de procédures simplifiées pour exporter de petits colis vendus sur internet. Des plateformes géantes comme Alibaba mettent en relation des fabricants et des acheteurs du monde entier, et des sociétés de transport spécialisées livrent des commandes de petite taille à grande vitesse.

L’idée à retenir est simple. Vendre à l’étranger ne demande plus d’ouvrir une boutique sur place. Un petit fabricant peut présenter ses produits sur une plateforme, recevoir la commande, la faire payer en ligne et l’expédier. Pour un pays comme le Togo, où beaucoup d’entreprises sont de petite taille, cette perspective est très attirante.

Le Togo n’est pas pour autant un débutant. Selon un document présenté à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, le pays s’est doté d’une stratégie de développement du commerce électronique pour la période 2022 à 2026, d’une loi sur le commerce électronique, d’une loi sur la protection des données personnelles adoptée en 2019 et d’une direction chargée de promouvoir ce secteur. Cette stratégie arrive à son terme cette année. Les enseignements du voyage à Beijing pourraient donc nourrir la prochaine étape.

D’autres délégations togolaises ont déjà suivi ce chemin. En 2019, une douzaine de cadres avaient été invités à Hangzhou, siège d’Alibaba, pour une formation sur l’économie numérique. L’expérience de Beijing s’inscrit dans cette continuité.

Ce que cela peut changer pour les entreprises togolaises

La question que se posent les entrepreneurs est directe. Qu’est-ce que cela peut m’apporter ? Plusieurs pistes se dessinent, même si les résultats ne sont pas garantis.

La première est la visibilité. Une marque togolaise qui apparaît sur de grandes plateformes peut toucher des clients qu’elle n’aurait jamais rencontrés autrement. La deuxième est la logistique. Envoyer un colis du Togo vers l’étranger reste compliqué et coûteux, et la Chine a beaucoup à enseigner sur ce point. La troisième concerne le paiement et la confiance. Un acheteur lointain veut être sûr de recevoir son produit, de pouvoir payer simplement et d’obtenir un remboursement en cas de problème.

Il y a aussi des défis à ne pas oublier. Les produits cosmétiques, par exemple, doivent respecter des normes de qualité et d’étiquetage qui changent d’un pays à l’autre. C’est sans doute ce qui explique la présence du contrôle de la qualité dans l’intitulé du ministère qui supervise la mission. Une vente en ligne qui réussit repose d’abord sur un produit fiable.

Pour les lecteurs, le point essentiel est celui-ci. Le commerce électronique ne se résume pas à créer un site web. C’est une chaîne complète, qui va de la fabrication à la livraison, en passant par le marketing, le paiement et le service après-vente. Les deux semaines de Beijing serviront à observer cette chaîne de près.

Reste maintenant à transformer ces observations en actions concrètes. Les cadres de retour à Lomé auront un rôle de relais. S’ils partagent ce qu’ils ont appris avec les autres entrepreneurs et si les services de l’État adaptent les procédures, le séminaire pourra devenir un vrai tremplin. Sinon, il restera un beau voyage. C’est dans les mois à venir, avec les premiers produits togolais vendus à l’étranger par internet, que l’on pourra mesurer son utilité.

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