Deviens membre !

Nous vous enverrons au moins deux (2) par semaines des nouvelles et opportunités

― PUBLICITE ―

spot_img
AccueilPolitiqueOuganda : elle qualifie le fils de Museveni de « chou »...

Ouganda : elle qualifie le fils de Museveni de « chou » et se fait incarcérer

Praise Aloikin Opoloje, 27 ans, avocate et militante des droits humains, a été placée en détention en Ouganda après avoir traité le général Muhoozi Kainerugaba de « chou » dans une vidéo. Pourtant, l’accusation retenue contre elle ne semble pas liée à cette vidéo.

Une vidéo qui a fait beaucoup de bruit

Praise Aloikin Opoloje est avocate. Elle défend les droits humains et elle lutte contre la corruption. Elle a reçu en 2025 le Prix européen des défenseurs des droits de l’homme.

Peu avant son arrestation, elle publie une vidéo très critique. Elle s’en prend au général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces de défense et fils du président Yoweri Museveni. Elle vise aussi la Ligue patriotique d’Ouganda, connue sous le sigle PLU. Elle met en doute son discours sur la lutte contre la corruption, les abus de pouvoir et la criminalité.

Dans cette vidéo, la jeune femme dit qu’elle refuse de craindre celui qu’elle appelle « notre chou ». Elle le décrit comme un homme faible et sans pouvoir réel. Selon elle, tout ce qu’il possède repose sur la sueur, les larmes et la douleur des Ougandais. Elle demande aussi la libération de personnes qu’elle présente comme des prisonniers politiques, parmi lesquelles Obeid Lutale et Sam Mugumya.

Le ton est dur et direct. La vidéo circule largement sur les réseaux sociaux.

Lire aussi : Ouganda : une épidémie d’Ebola signalée

Une disparition, puis une détention

Peu après la vidéo, Praise Aloikin Opoloje est convoquée au poste de police de Namungoona, dans le district de Wakiso. Ensuite, plus personne ne sait où elle se trouve. Des militants et plusieurs médias parlent d’un enlèvement. L’Ordre des avocats d’Ouganda s’inquiète et demande qu’on dise où elle est détenue et sur quelle base légale.

La police rejette le mot enlèvement. Son porte parole, Kituuma Rusoke, explique que la jeune femme a été arrêtée, qu’elle est entre les mains de la police et qu’elle sera présentée à la justice. Il ajoute qu’elle ne doit pas s’attendre à un traitement de faveur, car l’infraction présumée aurait été commise sur un réseau social.

Le lundi 28 septembre, elle comparaît devant un tribunal de Kampala. Elle est accusée d’avoir utilisé sans droit la carte SIM d’une autre personne. Le juge ordonne son maintien en détention à la prison de Luzira jusqu’au 14 octobre. Cette mesure n’est pas une condamnation. Elle signifie que la personne reste en prison en attendant la suite de la procédure.

Un point mérite d’être souligné. Selon un média ougandais, cette accusation ne semble pas liée à la vidéo. Il écrit aussi qu’on ne sait pas pourquoi le parquet a choisi ce chef d’accusation. La police avait d’abord parlé d’une utilisation abusive de son compte numérique ou de réseau social. À ce stade, les autorités n’ont pas détaillé davantage.

Ce que cette affaire dit du climat politique

Le général Muhoozi Kainerugaba est devenu l’une des personnalités les plus puissantes du pays. Des analystes notent qu’il annonce ou soutient lui même, sur les réseaux sociaux, plusieurs arrestations de personnes qui le critiquent. Selon une analyse publiée par le site Democracy in Africa, la vétérane de la politique Miria Matembe a ainsi été arrêtée après avoir dénoncé une série d’enlèvements. L’opposant Kizza Besigye, lui, avait été maintenu en détention pendant de longs mois, selon son épouse.

Les autorités, elles, affirment appliquer la loi. Elles disent n’accorder aucun traitement de faveur, y compris pour des faits commis sur internet.

La question se pose donc en termes de droit. La Constitution ougandaise protège la liberté d’expression. Elle garantit aussi à chacun un procès équitable. Les mots employés dans la vidéo sont durs. Mais une insulte ou une critique, même brutale, n’est pas la même chose qu’une infraction liée à une carte SIM. Ce type d’accusation concerne en général l’usage d’une ligne téléphonique enregistrée au nom d’une autre personne. Si les deux dossiers sont séparés, la justice devra le montrer clairement. Si l’accusation sert de prétexte, ce sera au tribunal de le constater.

Pour l’instant, la jeune avocate reste en détention. Elle bénéficie de la présomption d’innocence. Les regards se tournent vers la prochaine audience du 14 octobre. Elle dira si elle peut demander sa libération sous caution, et selon quels arguments.

Cette affaire montre aussi le pouvoir des réseaux sociaux. Une vidéo de quelques minutes a suffi pour déclencher une enquête, des inquiétudes d’avocats et un débat national sur la liberté de parole. Dans un pays où la parole critique est très surveillée, chaque cas de ce type est suivi de près par les défenseurs des droits humains.

Articles simailaires