Le suspense aura été de courte durée. Alors que l’ancien président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló avait fixé la date de son retour au 4 octobre, le Haut Commandement militaire a tranché, jeudi 1er octobre, en interdisant son entrée sur le territoire national.
Dans un communiqué sobre, les autorités de transition évoquent des « raisons de sécurité nationale » et la nécessité de « préserver l’ordre public », tout en avertissant que tout contrevenant à cette décision en assumerait « l’entière et exclusive responsabilité ».
Le timing n’est pas anodin. Umaro Sissoco Embaló, en exil au Maroc depuis son éviction du pouvoir le 26 novembre 2025, venait d’annoncer sa candidature à la présidentielle du 6 décembre, un scrutin censé acter le retour à l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat qui l’avait chassé du palais présidentiel. Son retour programmé sonnait comme un défi lancé aux militaires, dix mois après qu’ils l’avaient contraint à fuir au terme d’une élection dont il revendiquait pourtant la victoire.
En verrouillant son accès au pays, le pouvoir en place referme pour l’instant cette hypothèse, tout en réaffirmant l’interdiction de toute manifestation ou rassemblement politique pendant la période de transition. Un signal clair adressé à l’opposition comme à l’ancien chef de l’État, à l’heure où Bissau s’achemine vers un scrutin déjà sous tension.
Umaro Sissoco Embaló, pour sa part, a choisi de ne pas s’engager dans un bras de fer frontal. Quelques heures après l’annonce, il a publié sur les réseaux sociaux un message à tonalité religieuse, appelant à la paix et à l’unité nationale, une posture d’apaisement qui tranche avec la fermeté du commandement militaire.
Reste une question : cette mise à l’écart de l’ancien président est-elle provisoire, en attendant une évolution du climat sécuritaire, ou préfigure-t-elle son exclusion pure et simple de la course présidentielle ? À deux mois du vote, le pouvoir en place n’a pour l’instant livré aucune précision sur ce point.
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