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Burkina Faso : Ibrahim Traoré durcit le ton contre les espions

Le capitaine Ibrahim Traoré a menacé de la peine de mort les personnes reconnues comme espions. Il s’est exprimé lors d’un entretien à la presse, à quelques jours du quatrième anniversaire de son arrivée au pouvoir.

Un message direct avant la Nuit de la Révolution

Le chef de l’État burkinabè a accordé un entretien à la presse, quelques jours avant la Nuit de la Révolution du 30 septembre. Cette soirée se tient de 18 heures à 2 heures du matin à Ouagadougou. Elle est aussi relayée dans les régions et dans les représentations diplomatiques.

Au cours de cet échange, il a été interrogé sur les ingérences étrangères. Le capitaine Traoré a appelé à la vigilance. Il a surtout été très clair sur les espions. Il a déclaré « Si on prend un espion encore, c’est la peine de mort qui sera appliquée ».

Il a aussi abordé d’autres sujets. Il a confirmé qu’une nouvelle Constitution verra bientôt le jour, sans donner de calendrier. Il a parlé de la relance du projet ferroviaire Faso Rails. Il a enfin dressé sa propre carte des ennemis du Burkina Faso, selon les propos rapportés par la presse locale.

Ces déclarations sont celles du chef de l’État. Elles reflètent la position qu’il dit maintenir depuis longtemps sur ce sujet.

Le cadre de ces propos compte aussi. La Nuit de la Révolution est une grande soirée politique. Elle sert à présenter ce que le pouvoir appelle les acquis de la Révolution progressiste populaire. Le message sur les espions peut donc se lire à plusieurs niveaux. Il s’adresse aux partisans du pouvoir, aux pays voisins et aux partenaires étrangers du Burkina Faso.

Lire aussi : Burkina Faso : Ibrahim Traoré dissout le gouvernement

Un contexte de fortes tensions

Ce durcissement s’inscrit dans un climat tendu. Le 26 juin 2026, le gouvernement burkinabè a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec la France. Il dénonçait un activisme constant de Paris contre les intérêts du pays et un soutien à des réseaux subversifs.

En mars 2026, l’Assemblée législative de transition a aussi adopté la Charte de la Révolution. Ce texte a remplacé la Charte de la Transition. Il a donné une base juridique à ce que les autorités appellent la Révolution progressiste populaire.

Le sujet de l’espionnage n’est pas nouveau. En septembre 2025, le capitaine Traoré accusait la Côte d’Ivoire d’héberger des opposants. Il parlait aussi de six fonctionnaires ivoiriens arrêtés fin août, qu’il accusait d’avoir franchi la frontière pour espionner. Il estimait alors que passer la frontière pour poser des questions et mener des enquêtes relevait de l’espionnage.

Cette phrase est importante. Elle montre que la définition de l’espion peut être très large dans le discours officiel. C’est un point que les observateurs suivent de près.

La peine de mort, un débat qui revient

Le Burkina Faso avait aboli la peine de mort dans son code pénal en 2018. La dernière exécution remonte à 1988. Le pays est ensuite resté longtemps sans appliquer cette sanction.

Le 4 décembre 2025, le Conseil des ministres a adopté un projet de code pénal qui la rétablit. Il vise notamment la haute trahison, les actes de terrorisme et les actes d’espionnage. Le texte devait encore être approuvé par l’Assemblée législative de transition.

Le ministre de la Justice a défendu ce choix. Il a expliqué que l’abolition était utilisée par les groupes armés qui attaquent le pays. Le Burkina Faso fait face depuis 2012 à des violences de groupes liés à Al Qaïda et à l’État islamique. Pour les autorités, la fermeté est donc une réponse à cette menace.

Les organisations de défense des droits humains voient les choses autrement. Amnesty International estime que la peine de mort n’est pas plus dissuasive que d’autres peines. Elle craint aussi qu’elle serve à punir les voix discordantes. Human Rights Watch parle d’un risque de créer un nouvel outil de répression.

Le débat porte donc sur un équilibre difficile. D’un côté, un pays qui lutte contre le terrorisme et qui parle de menaces extérieures. De l’autre, des garanties de justice qui doivent rester solides. Qui décide qu’une personne est un espion ? Selon quelles preuves ? Devant quel tribunal ? Ces questions détermineront la portée réelle de la menace.

L’enjeu est aussi très concret. Une peine aussi lourde suppose des procédures claires, l’aide d’un avocat, un procès public et des voies de recours. C’est sur ces points que se jugera la solidité du dispositif, en dehors des déclarations.

Les sources consultées ne précisent pas où en est l’entrée en vigueur complète du nouveau code pénal. Les prochains mois devraient éclaircir ce point.

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