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Soudan du Sud : Salva Kiir dissout son gouvernement, les raisons

Un décret présidentiel. Des rues quadrillées par la sécurité à Juba. Le Soudan du Sud vient d’entrer dans une nouvelle phase politique, à trois mois d’élections historiques.

Une dissolution totale de l’exécutif de transition

Mardi 22 septembre 2026, le président Salva Kiir annonce la dissolution du gouvernement de transition. Cette décision est diffusée par un décret présidentiel lu à la télévision nationale.

La mesure ne se limite pas au seul gouvernement. Les cinq vice présidents sont relevés de leurs fonctions. L’ensemble des ministres et leurs adjoints subissent le même sort. Les administrateurs locaux perdent également leur poste.

Le décret va encore plus loin. Il dissout aussi l’Assemblée nationale ainsi que les assemblées des différents États du pays. Seul le président Salva Kiir reste en fonction. Il conserve ses pouvoirs constitutionnels jusqu’à l’entrée en fonction d’un successeur élu.

Dans la soirée du même jour, un nouvel exécutif intérimaire est nommé. Cette équipe compte treize membres. Sa mission principale consiste à assurer la gestion du pays pendant toute la période électorale à venir.

Le chemin vers les premières élections du pays

Cette dissolution intervient dans un contexte bien précis. Le Soudan du Sud se prépare à organiser ses toutes premières élections générales. Le scrutin est fixé au 22 décembre 2026.

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Depuis son indépendance en 2011, ce pays n’a jamais connu d’élection nationale. Une longue guerre civile a éclaté dès 2013, opposant les forces de Salva Kiir à celles de son rival historique, Riek Machar. Un accord de paix signé en 2018 avait ensuite instauré un partage du pouvoir entre les deux hommes.

La dissolution actuelle met fin à cette architecture institutionnelle mise en place depuis plusieurs années. Riek Machar, qui occupait l’un des postes de vice président, se retrouve désormais définitivement écarté de ses fonctions.

Cette décision fait suite à l’adoption d’amendements à la loi électorale. Ces modifications permettent au président de dissoudre les institutions de transition dans les trois mois précédant un scrutin. Elles autorisent aussi l’organisation des élections sans attendre une nouvelle Constitution permanente, ni même l’achèvement du recensement national.

De son côté, Salva Kiir affirme que l’accord de paix de 2018 reste toujours en vigueur. Il assure ne pas vouloir prolonger une nouvelle fois la période de transition, comme cela a déjà été le cas par le passé.

Un climat de tension palpable à Juba

Cette annonce s’accompagne d’un important dispositif sécuritaire dans la capitale. Des journalistes présents sur place constatent un déploiement massif des forces de l’ordre dans les rues de Juba.

La veille de l’annonce, le bureau de sécurité intérieure avait déjà donné des consignes précises. Toutes les forces de sécurité devaient porter l’uniforme et rester en alerte pendant trois jours. Des points de contrôle sont installés en plusieurs endroits de la ville.

Un cordon de sécurité entoure également le complexe gouvernemental. Certains fonctionnaires racontent avoir reçu l’ordre de rentrer chez eux, sans explication précise sur les raisons de cette mesure.

Cette recomposition politique suscite des inquiétudes chez plusieurs observateurs. Certains redoutent que le président puisse désormais exercer un pouvoir moins encadré qu’auparavant. Les organisations de la société civile craignent aussi que les tensions actuelles ne viennent compromettre la bonne tenue du scrutin de décembre.

Les partis politiques du pays doivent se retrouver dès jeudi 24 septembre. Cette rencontre doit permettre de discuter des désaccords qui persistent encore autour de l’organisation du processus électoral, à quelques semaines seulement de ce rendez vous inédit dans l’histoire du pays.

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