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RDC : Tshisekedi passe à l’action pour son dialogue national, malgré les contestations

Le processus tant annoncé franchit enfin une étape concrète. Mais loin d’apaiser les tensions, cette première décision officielle relance déjà la contestation d’une partie de l’opposition congolaise.

Le président Félix Tshisekedi a signé, dimanche 13 septembre, une ordonnance créant le Comité d’organisation du dialogue national, une structure chargée de préparer les premiers jalons de ce processus.

Un comité placé sous l’autorité présidentielle

Ce texte ne convoque pas encore le dialogue lui même. Il institue une structure chargée de définir les paramètres fondamentaux de l’événement à venir, ainsi que d’évaluer ses besoins financiers, techniques, logistiques et sécuritaires, avant de proposer au chef de l’État les options nécessaires à la mise en place d’une commission préparatoire.

Le point qui cristallise les critiques tient à la gouvernance même de ce comité. L’ordonnance place en effet la structure sous l’autorité directe de Félix Tshisekedi, qui nommera le coordonnateur, son adjoint, ainsi que l’ensemble des membres, et désignera également les onze experts du secrétariat technique, avec la possibilité d’y mettre fin à tout moment.

Cette étape concrétise une annonce faite le 27 août dernier, lorsque le chef de l’État avait officiellement lancé l’idée d’un dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, lors d’une adresse à la nation.

Une opposition qui dénonce un dispositif verrouillé

La réaction de l’opposition n’a pas tardé. Plusieurs formations, dont le PPRD de Joseph Kabila, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et la coalition Lamuka de Martin Fayulu, reprochent au président de conserver la maîtrise totale de la préparation d’un dialogue auquel le pouvoir est pourtant lui même partie prenante.

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Au sein de la coalition C64, l’un des partis a même qualifié cette ordonnance de simple pétard mouillé, une décision jugée susceptible, au contraire, de renforcer la mobilisation prévue le mardi 15 septembre contre tout changement de la Constitution dans le pays.

Le mouvement Sauvons la RDC, emmené par Joseph Kabila, va plus loin en réclamant une médiation neutre, indépendante et impartiale, éventuellement placée sous l’égide de l’Union africaine ou des Nations unies, et propose même que le dialogue se tienne dans un pays tiers. Sur le terrain associatif, le président de l’Asadho, Jean-Claude Katende, estime pour sa part que le pays s’engage dans une mauvaise direction, tant que la composition exacte du comité reste encore inconnue.

Un climat de défiance persistant

Cette contestation s’inscrit dans un climat politique marqué par une méfiance durable entre le pouvoir et l’opposition congolaise. Depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi à la présidence en 2019, puis sa réélection contestée en 2023, la question du dialogue national revient régulièrement comme un point de friction majeur.

L’opposition, bien que divisée, redoute unanimement qu’un tel exercice ne serve en réalité à prolonger le pouvoir en place ou à contourner les échéances constitutionnelles, à commencer par la présidentielle prévue en 2028. La défense stricte de l’ordre constitutionnel est ainsi devenue le principal mot d’ordre des formations hostiles au régime.

De son côté, la présidence maintient fermement son choix d’un dialogue organisé sur le sol congolais, dans un cadre strictement national, sans médiation extérieure. Un choix qui promet de nourrir durablement le bras de fer entre le pouvoir et ses opposants, alors même que le pays continue de faire face à une grave crise sécuritaire dans l’est du territoire.

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