L’ancienne internationale française de basketball Isabelle Yacoubou a échangé avec des jeunes, ce jeudi 10 septembre à Lomé. La rencontre s’est tenue autour du thème « Oser rêver grand : du playground aux sommets du basket mondial ». Au cours de cette rencontre, elle a partagé son parcours, les exigences du haut niveau et sa vision du développement du basketball féminin en Afrique.

De l’athlétisme au basketball
Isabelle Yacoubou découvre le sport vers l’âge de 9 ans. Elle commence par l’athlétisme avant de pratiquer également le handball et le basketball. Ses performances lui permettent notamment de représenter le Bénin dans des compétitions internationales chez les jeunes.
À 17 ans, alors qu’une opportunité se présente à elle pour poursuivre l’athlétisme aux États-Unis, elle reçoit également une proposition pour rejoindre la France dans le basketball. Elle choisit finalement le ballon orange, une décision qui marque le début d’une carrière au plus haut niveau.

Le doute comme moteur
Malgré son parcours, l’ancienne joueuse reconnaît avoir souvent douté de ses capacités. Pour elle, le doute peut toutefois devenir une force.
« Le doute, c’est aussi un moteur. »
Selon elle, douter signifie qu’il reste quelque chose à accomplir. Cette remise en question l’a poussée à travailler davantage et à chercher constamment à progresser.
Elle conseille également aux jeunes de ne pas se laisser définir par le regard des autres, mais de rester concentrés sur leur travail et leurs objectifs.

Travail, discipline et récupération
Pour Isabelle Yacoubou, le talent seul ne suffit pas pour réussir dans le sport de haut niveau. Elle évoque les longues journées d’entraînement, les études, les déplacements, les compétitions et les blessures qui ont marqué sa carrière.
Elle résume les exigences du sportif autour de trois principes : s’entraîner, bien manger et bien récupérer. Le repos, souligne-t-elle, fait également partie du travail.
Elle rappelle surtout qu’une fois que le sport devient un métier, la discipline doit prendre le dessus sur la motivation du moment.
Le basketball féminin africain doit encore progresser
L’ancienne internationale française se montre optimiste concernant le potentiel du basketball féminin africain, tout en appelant à davantage de moyens.
Elle cite notamment les performances du Nigeria et du Mali sur la scène internationale comme des signes encourageants. Mais, selon elle, le développement du sport passe par des infrastructures accessibles, davantage de compétitions et surtout une meilleure formation des entraîneurs.
« On ne peut pas développer une filière si les formateurs de cette filière ne sont pas eux-mêmes développés. »
Pour elle, le talent existe déjà sur le continent.
« La matière première, on l’a. »
L’enjeu est donc de créer un environnement permettant aux jeunes filles de transformer leur potentiel en véritable carrière sportive.

Une réflexion autour d’un projet pour les jeunes
La question d’un accompagnement des jeunes joueurs africains vers les compétitions internationales a également été évoquée. Isabelle Yacoubou a expliqué avoir déjà réfléchi à un projet avec d’anciennes internationales originaires du Gabon, du Sénégal et du Bénin.
L’idée était notamment de mettre en place un tournoi itinérant entre plusieurs pays francophones, avec l’implication possible des ambassades. Le projet n’a pas encore abouti, mais la rencontre de Lomé pourrait contribuer à relancer cette réflexion.

« Rêvez grand et mettez-vous en action »
En conclusion, Isabelle Yacoubou a invité les jeunes, particulièrement les filles, à ne pas limiter leurs ambitions.
Son message est clair : rêver est une première étape, mais le rêve doit être accompagné d’actions concrètes.
« Rêvez grand et mettez-vous en action. L’inaction n’a jamais rien produit, dans aucun domaine. »
Une manière pour l’ancienne basketteuse de rappeler que les sommets ne se construisent pas uniquement avec des rêves, mais avec du travail, de la discipline et de la persévérance.
Justimo DOUBIDJI


