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Protection civile : le Togo se prépare à mieux anticiper les catastrophes

Le Togo renforce sa stratégie de prévention et de gestion des catastrophes avec le lancement officiel de la consultation nationale de l’initiative mondiale « Alertes précoces pour tous » (EW4All). La rencontre, ouverte ce 20 août à l’Hôtel Sarakawa à Lomé, doit permettre aux acteurs nationaux et aux partenaires de poser les bases d’un système d’alerte plus intégré, plus inclusif et davantage orienté vers l’action.

L’objectif affiché est de faire évoluer le pays d’une logique de réaction face aux catastrophes vers une véritable politique d’anticipation. Cette orientation intervient alors que le Togo, à l’instar d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, reste exposé à plusieurs risques, notamment les inondations, les sécheresses, les fortes chaleurs, les vents violents, les mouvements de terrain et d’autres phénomènes susceptibles d’affecter les populations et les activités économiques.

Le lancement intervient également dans un contexte marqué par les fortes précipitations enregistrées en juin dernier dans plusieurs pays de la sous-région. Ces événements ont occasionné des pertes en vies humaines, des dégâts matériels et des perturbations économiques et sociales, rappelant la nécessité de disposer d’informations fiables et transmises suffisamment tôt aux populations. Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le Commissaire divisionnaire de police Kadja Hodabalo-Pitemnéwé, a ainsi insisté sur le principe selon lequel la protection des populations doit commencer avant la survenue de la catastrophe.

Une chaîne d’alerte de la détection à l’action

L’initiative EW4All vise à garantir, d’ici 2027, une protection universelle des populations grâce aux systèmes d’alerte précoce. Au Togo, sa mise en œuvre devra s’appuyer sur quatre piliers : la connaissance des risques, l’observation et la prévision, la diffusion et la communication des alertes, ainsi que la préparation et la capacité d’intervention.

Pour Manuel Tahyo, coordonnateur Afrique du pilier 3 de l’initiative, les nouvelles technologies constituent un levier important pour améliorer la rapidité de transmission des alertes. La téléphonie mobile et les systèmes de diffusion cellulaire peuvent notamment permettre de toucher directement les personnes présentes dans les zones exposées, en complément des canaux traditionnels de communication.

Mais pour les autorités togolaises, la technologie ne constitue qu’un maillon de la chaîne. L’enjeu est de disposer d’un système national cohérent allant de l’identification du risque jusqu’à la réponse sur le terrain. « Une alerte qui n’atteint pas la population à temps est une alerte inutile », rappelle le discours d’ouverture. De même, une population informée doit savoir quelles mesures prendre, tandis que les institutions doivent disposer des moyens nécessaires pour intervenir efficacement.

Le Togo s’appuie déjà sur plusieurs acquis, parmi lesquels le système d’alerte précoce multirisque, la cartographie nationale des zones à risques et le renforcement du réseau d’équipements hydrométéorologiques. Des campagnes d’information, des exercices de simulation et des actions de préparation des communautés complètent ce dispositif.

Une feuille de route nationale en préparation

Durant les travaux, les participants doivent passer en revue les mécanismes existants, identifier les insuffisances et définir les priorités pour améliorer le système national d’alerte. La consultation doit notamment contribuer à la mise en place ou à la redynamisation d’un mécanisme national de coordination et à l’identification des lacunes politiques, techniques et financières dans les quatre piliers de l’alerte précoce.

À l’issue du processus, une feuille de route nationale EW4All pour la période 2026-2031 est attendue. Elle devra préciser les actions prioritaires, les responsabilités des différents acteurs et les moyens nécessaires pour parvenir à une couverture universelle de l’alerte précoce au Togo.

La démarche se veut également inclusive. Les autorités souhaitent notamment que les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap et les autres groupes particulièrement exposés soient pris en compte dans la conception du dispositif. La coopération régionale, le partage des données et les mécanismes d’alerte transfrontalière constituent également des enjeux importants, les risques naturels pouvant toucher plusieurs pays simultanément.

La rencontre réunit ainsi des représentants des institutions nationales et internationales, des acteurs de la protection civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations engagées dans la prévention et la gestion des risques. Parmi les participants figure notamment Mme Binta Sanneh, représentante-résidente du PNUD au Togo.

Pour le gouvernement, cette nouvelle étape doit permettre de consolider les acquis et de renforcer la capacité du pays à agir avant, plutôt qu’après, la survenue des catastrophes. L’ambition est de faire du Togo un pays « mieux préparé, mieux informé et mieux protégé » face aux risques.

Justimo DOUBIDJI

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