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Chine : 110 robots policiers humanoïdes déployés dans des villes

La Chine franchit une nouvelle étape dans l’intégration de la robotique au sein de ses forces de l’ordre. L’entreprise Aimoga Robotics, filiale du constructeur automobile Chery, a livré 110 robots policiers humanoïdes destinés à la gestion du trafic routier et au contrôle du stationnement.

Une mise en service progressive

Le déploiement de ces machines a débuté à Wuhu, dans la province de l’Anhui. C’est dans cette ville qu’Aimoga Robotics teste depuis janvier 2026 son robot ZhiJing R001, conçu pour assurer les fonctions d’agent de circulation. Dix unités y avaient d’abord été installées avant l’annonce d’un déploiement plus large.

Le 30 avril 2026, la société a franchi un cap commercial important. Elle a annoncé la signature d’un contrat portant sur mille exemplaires de ce robot, accompagnée d’une livraison immédiate de cent unités supplémentaires. Ces machines, vêtues d’un uniforme réglementaire et d’un gilet réfléchissant, sont capables de diriger la circulation en synchronisation avec les feux de signalisation.

En dehors de Wuhu, des robots policiers humanoïdes ont également été mobilisés lors d’événements ponctuels dans d’autres villes chinoises, notamment à l’occasion d’un marathon.

Des missions centrées sur la sécurité routière

Les fonctions assignées à ces robots restent pour l’instant limitées à des tâches précises. Ils gèrent le trafic aux intersections, constatent les infractions de stationnement et diffusent des messages de sécurité aux automobilistes.

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Aimoga Robotics justifie ce choix par la pénibilité du travail des agents humains. L’entreprise souligne que ces derniers sont exposés à des conditions météorologiques extrêmes, aux gaz d’échappement et au bruit lors de leurs missions aux carrefours. L’objectif affiché n’est pas de remplacer entièrement les policiers, mais de réduire leur fatigue physique et les risques sanitaires liés à ce type de poste.

Une pratique déjà répandue dans plusieurs villes

Wuhu n’est pas un cas isolé. D’autres municipalités chinoises expérimentent des dispositifs similaires. À Changsha, capitale du Hunan, un robot de gestion du trafic a été mis en service en avril à un carrefour très fréquenté. À Hangzhou, la police a également installé son premier robot dédié à la circulation. Des expérimentations sont aussi rapportées à Nanjing, Shenzhen et Jingzhou.

Certaines villes vont plus loin en testant des véhicules de patrouille sans conducteur, présentés comme des systèmes de surveillance mobile. Ces dispositifs peuvent diffuser des messages à distance et enregistrer automatiquement des preuves d’infractions routières.

Une industrie en pleine expansion

Ce déploiement s’inscrit dans une dynamique industrielle beaucoup plus large. Selon le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information, le pays a fabriqué environ 20 000 robots humanoïdes en 2025. Ce volume a déjà été dépassé sur le seul premier semestre 2026, avec plus de 40 000 unités produites, et les prévisions pour l’année entière dépassent les 100 000 exemplaires.

Cette production s’appuie sur un tissu industriel déjà solide. La Chine exploite environ deux millions de robots industriels en activité, un parc nettement supérieur à celui du Japon, deuxième marché mondial du secteur. Selon les estimations, environ 90 % des robots humanoïdes vendus dans le monde en 2025 étaient d’origine chinoise, principalement produits par des entreprises comme Unitree Robotics et AgiBot.

Un contexte de surveillance déjà dense

L’arrivée de ces robots dans l’espace public chinois s’inscrit dans un environnement déjà largement équipé en outils de surveillance. Les caméras, la reconnaissance faciale et les bases de données biométriques font partie du quotidien dans de nombreuses villes du pays.

Des organisations de défense des droits humains suivent de près ces évolutions technologiques. Elles s’interrogent sur l’articulation entre ces nouveaux outils robotisés et les dispositifs de surveillance numérique déjà en place.

Vers une généralisation du dispositif

Avec la commande de mille unités passée à Aimoga Robotics, la Chine semble s’orienter vers une multiplication de ces déploiements dans les prochains mois. D’autres fabricants, comme Unitree Robotics et UBTech, prévoient également d’accroître fortement leur production de robots humanoïdes d’ici la fin de l’année 2026, avec des applications qui pourraient s’étendre au delà de la seule gestion du trafic routier.

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