Moscou a annoncé la signature prochaine d’un mémorandum de coopération sécuritaire avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. L’annonce a été faite lundi 17 août 2026 par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Elle est intervenue lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa.
Un texte qui couvrira plusieurs domaines
Le futur mémorandum ne se limitera pas à la sécurité. Il portera sur plusieurs axes de coopération entre la Russie et l’organisation ouest-africaine. Sergueï Lavrov a expliqué que cette initiative répond aux besoins quotidiens des populations de la région en matière de sécurité.
Aucune date précise n’a encore été communiquée pour la cérémonie de signature. Les autorités russes et celles de la CEDEAO n’ont pas non plus détaillé le contenu exact du futur accord.
Un rôle de médiateur revendiqué par Moscou
Le ministre russe a également affirmé que son pays était prêt à faciliter le dialogue entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel. Ce bloc régional regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les trois pays ont officialisé leur sortie de la CEDEAO en janvier 2025, après avoir dénoncé des sanctions qu’ils jugeaient illégitimes. Ces sanctions avaient été imposées à la suite des coups d’État survenus dans les trois pays entre 2020 et 2023.
En se positionnant comme intermédiaire entre les deux blocs, la Russie cherche à consolider son influence auprès des pays d’Afrique de l’Ouest. Moscou souhaite ainsi apparaître comme un partenaire incontournable, aussi bien pour la CEDEAO que pour l’AES.
Lire aussi : La Russie réitère son soutien total au Mali
Une coopération déjà amorcée depuis plusieurs mois
Ce rapprochement entre Moscou et la CEDEAO ne date pas d’hier. Une volonté commune de renforcer les liens avait déjà été affichée en décembre 2025, en marge d’une conférence ministérielle du Forum du partenariat Russie Afrique tenue au Caire. Les discussions avaient alors porté sur des sujets sensibles. Il s’agissait notamment du renforcement des services de renseignement, de la coordination des forces de défense et de la sécurisation des processus électoraux.
Ces échanges s’inscrivent dans un contexte de menace sécuritaire persistante en Afrique de l’Ouest. La progression des groupes armés et les attaques transfrontalières poussent plusieurs États de la région à chercher de nouveaux partenaires. Ces partenaires doivent être capables d’apporter un appui technique et stratégique concret.
Le contexte des relations Russie Sahel
La Russie a par ailleurs renforcé ses liens bilatéraux avec certains pays de l’AES ces derniers mois. Au Burkina Faso par exemple, un accord sur les fondements des relations entre les deux pays a été signé en février 2026 à Moscou. Cet accord avait été précédé d’échanges entre l’ambassadeur russe à Ouagadougou et le ministre burkinabè des Affaires étrangères, portant notamment sur la nécessité d’un dialogue entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel.

Cette double approche, à la fois envers la CEDEAO et envers l’AES, illustre la stratégie russe dans la région. Moscou entend se présenter comme un partenaire de sécurité fiable pour l’ensemble des pays ouest-africains, quelle que soit leur appartenance à l’une ou l’autre organisation.
Ce qui reste à préciser
Plusieurs questions demeurent en suspens à ce stade. La date exacte de la signature n’est pas connue. Le contenu précis des engagements pris de part et d’autre n’a pas non plus été détaillé publiquement. Il n’est pas encore certain que ce mémorandum débouche concrètement sur un dialogue effectif entre la CEDEAO et l’AES.
Les prochaines semaines devraient apporter davantage de précisions sur ce projet d’accord. Les observateurs de la région suivront de près la manière dont la CEDEAO articule ce rapprochement avec la Russie, dans un contexte où plusieurs de ses partenaires occidentaux traditionnels expriment des réserves sur l’influence croissante de Moscou en Afrique de l’Ouest.


