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Déclaration de patrimoine au Sénégal : Treize ministres épinglés par l’OFNAC

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption vient de secouer le gouvernement sénégalais. L’institution a publié un document listant des membres du gouvernement qui n’ont pas encore rempli leur obligation de déclaration de patrimoine. Treize noms figurent dans les pages transmises. La numérotation du document présente toutefois une petite anomalie. Elle passe du numéro un au numéro trois, avant de reprendre jusqu’au treize. Cette bizarrerie invite à la prudence sur le décompte exact.

Les ministres cités dans le document

Parmi les personnalités citées, on retrouve Moussa Sarr, ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Cheikhou Oumar Seck, ministre des Mines et de la Géologie, apparaît également. Alpha Thiam, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, complète cette liste tout comme Cheikhou Oumar Ba, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage. Marie Angélique Mame Selbé Diouf, ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, et Samba Diouf, ministre des Télécommunications et du Numérique, figurent aussi parmi les noms recensés.

Un délai fixé au premier septembre

L’OFNAC accorde à ces ministres un délai jusqu’au premier septembre 2026 pour se conformer à la loi. Ce délai s’appuie sur un décret daté du premier juin 2026. Il concerne surtout les ministres nommés lors du remaniement gouvernemental de juin dernier. Ces derniers disposent en effet de trois mois après leur nomination pour se mettre en règle.

Un contrôle de transparence à grande échelle

Cette publication s’inscrit dans un contexte plus large de contrôle de la transparence au Sénégal. L’échéance générale pour l’ensemble des personnes assujetties était fixée au trente et un juillet. Selon les chiffres communiqués par l’OFNAC, plus de trois mille personnes étaient concernées par cette obligation à travers le pays. Seulement un peu plus de la moitié d’entre elles avaient déposé leur déclaration au moment du premier bilan.

La position du président de l’OFNAC

Le président de l’OFNAC, Moustapha Ka, a tenu à rassurer sur l’esprit de cette démarche. Il a expliqué que l’exercice ne vise ni la délation ni le discrédit de qui que ce soit. Il s’agit plutôt de faire respecter une obligation légale de transparence. Le responsable a même révélé s’être personnellement impliqué pour convaincre certains retardataires. Il a affirmé avoir appelé directement plusieurs ministres pour leur rappeler leurs obligations administratives.

La situation à la Présidence

Du côté de la Présidence, la situation semble différente. Selon des informations relayées par la presse locale, tous les membres actuels du gouvernement figureraient parmi les déclarants en règle, tout comme le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko. Une liste distincte concerne toutefois des collaborateurs directs de la présidence. Certains noms comme celui d’un envoyé spécial ou d’un chef de protocole apparaissent parmi les défaillants recensés à ce niveau.

Lire aussi : Sénégal : L’opposant Bougane Guéye déposé en prison

De nouveaux moyens de contrainte pour l’OFNAC

Cette affaire s’inscrit dans une réforme plus large adoptée en 2025. Depuis cette réforme, l’OFNAC dispose de nouveaux moyens pour faire respecter la loi. L’institution peut désormais ordonner une retenue sur salaire équivalente au quart du traitement des personnes concernées. Cette mesure intervient après une mise en demeure restée sans effet. La loi prévoit aussi des sanctions pénales pouvant aller de six mois à quatre ans de prison pour défaut de déclaration. Une amende représentant le tiers du patrimoine concerné peut également s’appliquer. Les contrevenants risquent en plus une interdiction d’exercer des fonctions publiques.

Les limites de la publication des patrimoines

La législation actuelle n’autorise cependant pas la divulgation du contenu détaillé des patrimoines des ministres et chefs d’institutions. Seul le patrimoine du chef de l’État peut faire l’objet d’une publication complète. Cette question de la transparence financière des dirigeants reste un sujet sensible en Afrique de l’Ouest. Elle touche à la confiance des citoyens envers leurs institutions.

Un test pour le nouveau pouvoir

L’affaire continue de faire réagir l’opinion publique sénégalaise. Beaucoup y voient un test important pour la nouvelle administration, qui avait fait de la lutte contre la corruption l’un de ses engagements phares. Le prochain rendez-vous du premier septembre déterminera si les ministres concernés se conforment finalement à la loi ou si des sanctions doivent être appliquées.

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