En Libye, le chef des services de renseignement de l’armée de l’Est a été tué lundi soir dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi. Cette attaque frappe durement le clan du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle la partie orientale du pays et aspire à en prendre le contrôle total.
Une explosion près d’une mosquée
Le général de division Fauzi Al-Mansouri a perdu la vie alors qu’il quittait une mosquée du quartier d’al-Hawari, à Benghazi, après avoir accompli la prière du soir. Un engin explosif fixé sur son véhicule a détoné, provoquant sa mort immédiate.
Le commandement de l’Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Haftar, a annoncé la nouvelle en pleine nuit dans un communiqué. Les autorités militaires ont dénoncé un acte qu’elles qualifient de lâche et de criminel.
Un responsable de premier plan
Fauzi Al-Mansouri occupait un poste stratégique. Il dirigeait le renseignement militaire pour toute la zone Est du pays, une région sous le contrôle du clan Haftar depuis plusieurs années. Ce responsable était en charge de plusieurs dossiers considérés comme sensibles, ce qui lui aurait valu de nombreux adversaires.
Selon des spécialistes de la région, il s’agit de l’une des premières attaques visant un responsable d’un rang aussi élevé depuis une dizaine d’années à Benghazi. Depuis 2014, aucun assassinat ciblé n’avait touché un officier de l’Armée nationale libyenne ou des forces sécuritaires dans cette ville.
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Une méthode qui rappelle les règlements de comptes
Selon l’agence Reuters, le mode opératoire utilisé pour cet attentat ressemble fortement à celui employé par le passé lors de règlements de comptes visant des cadres militaires libyens. Cette méthode illustre la persistance d’une violence ciblée contre les officiers de haut rang dans le pays, malgré une relative stabilité affichée ces dernières années.
Aucun groupe n’a pour l’instant revendiqué cet attentat. Les autorités libyennes n’ont pas non plus désigné officiellement de suspect. Le bureau de Khaled Haftar, fils du maréchal, a annoncé de son côté l’arrestation d’une cellule qui préparait, selon lui, des actes de sabotage à Benghazi. Il n’a toutefois établi aucun lien direct entre cette arrestation et la mort de Fauzi Al-Mansouri.

Un coup dur pour l’image du clan Haftar
Depuis plusieurs années, la famille Haftar met en avant le bilan sécuritaire de la région orientale placée sous son autorité. Cet assassinat vient fragiliser cette image de stabilité que le clan cherchait à construire, notamment auprès de ses partenaires internationaux.
Selon un analyste du cabinet Verisk Maplecroft, cet attentat représente un grave revers pour le dispositif de sécurité du camp Haftar. Le fait que l’attaque ait eu lieu en plein cœur de Benghazi, considéré comme le bastion de l’Armée nationale libyenne, montre un certain degré de sophistication de la part des auteurs.
Une Libye toujours divisée
Depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye reste plongée dans l’instabilité et les divisions politiques. Le pays est aujourd’hui dirigé par deux exécutifs rivaux. L’un, basé à Tripoli, est reconnu par les Nations unies et dirigé par Abdelhamid Dbeibah. L’autre, basé à Benghazi, reste sous le contrôle du clan familial Haftar.
Cet assassinat pourrait aussi compliquer les efforts de réunification du pays, un dossier suivi de près par plusieurs puissances internationales. L’Armée nationale libyenne a promis de mener une enquête approfondie afin d’identifier les auteurs et les commanditaires de cette attaque, assurant qu’ils ne pourront pas échapper à la justice.


