Les autorités du Kenya ont conclu un partenariat avec Google afin d’utiliser des technologies basées sur l’IA pour améliorer la promotion du pays, personnaliser l’expérience des visiteurs et renforcer la compétitivité d’un secteur clé de l’économie nationale.
Annoncé le 29 mai par le ministère kényan du Tourisme et de la Faune à travers la plateforme « Magical Kenya », cet accord vise à moderniser la manière dont le pays attire les voyageurs internationaux. L’objectif est double : rendre la destination plus visible sur les plateformes numériques et mieux comprendre les attentes des touristes afin de proposer des offres adaptées à leurs besoins.
Pourquoi le Kenya mise-t-il sur l’intelligence artificielle ?
Le tourisme représente l’un des principaux moteurs économiques du pays. Face à une concurrence croissante entre destinations africaines et mondiales, les autorités kényanes cherchent à moderniser leur stratégie de promotion en s’appuyant davantage sur les technologies numériques.
Le partenariat avec Google doit permettre d’exploiter les données numériques et les comportements de recherche des internautes pour mieux cibler les campagnes promotionnelles.
Concrètement, les autorités souhaitent comprendre quels types d’expériences intéressent les visiteurs potentiels, quels marchés sont les plus prometteurs et comment adapter l’offre touristique à différents profils de voyageurs.
Cette stratégie doit aussi aider le pays à attirer une nouvelle génération de touristes, dont les choix sont de plus en plus influencés par les recommandations numériques, les plateformes en ligne et les outils conversationnels alimentés par l’intelligence artificielle.
Quels outils seront mis en place ?
Au cœur du projet figure un centre d’analyse appelé « Tourism Pulse », développé sur l’infrastructure Google Cloud.
L’ambition est de permettre aux autorités de prendre des décisions plus rapides et plus précises concernant les campagnes promotionnelles ou les investissements dans certaines destinations touristiques.
Le partenariat prévoit également l’utilisation des modèles Gemini de Google pour créer un planificateur de voyage intelligent. Cet outil devrait être capable de proposer des itinéraires personnalisés selon les préférences, les centres d’intérêt ou encore le budget des touristes. Une famille, un voyageur d’affaires ou un amateur de safaris pourraient ainsi recevoir des recommandations adaptées à leurs besoins.
Cette transformation numérique intervient alors que le tourisme kényan affiche des performances encourageantes. Selon la ministre du Tourisme et de la Faune, Rebecca Miano, le secteur a généré environ 500 milliards de shillings kényans, soit près de 3,8 milliards de dollars, de recettes en 2025.
Le pays a également enregistré environ 7,9 millions de visiteurs, contre 7,6 millions un an plus tôt, signe d’une progression continue du secteur.
Pour Nairobi, le recours à l’intelligence artificielle pourrait donc servir de levier pour maintenir cette croissance, accroître la visibilité internationale du pays et renforcer sa place parmi les destinations touristiques majeures du continent africain.
Qui bénéficiera de ce projet numérique ?
L’initiative ne concerne pas uniquement les autorités ou les visiteurs étrangers. Le partenariat prévoit aussi un important programme de formation destiné aux jeunes, aux petites et moyennes entreprises du secteur touristique ainsi qu’aux créateurs de contenus.
L’objectif est de renforcer les compétences numériques des acteurs locaux afin qu’ils puissent mieux utiliser les outils technologiques, promouvoir leurs activités sur internet et valoriser le patrimoine culturel et naturel du pays.
Cette dimension est jugée essentielle, car le succès du projet dépendra largement de l’appropriation des outils numériques par les professionnels du tourisme.
Aida Rachel KOUMONDJI (stagiaire)




