Le Ghana a engagé une procédure d’arbitrage international pour régler son différend frontalier maritime de longue date avec le Togo. Les négociations menées ces 8 dernières années n’ont pas été fructueuses.
Accra a notifié à Lomé que la délimitation de la frontière sera effectuée dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
« Cette décision fait suite à des tentatives de négociations sur une frontière qui se poursuivent depuis huit ans sans aboutir à un résultat consensuel », selon un communiqué de la Présidence. L’initiative vise à prévenir une montée des tensions et à favoriser un accord à l’amiable.
Si les différends frontaliers dans le golfe de Guinée sont souvent associés au pétrole, une source de l’Autorité maritime du Ghana estime que les enjeux sont plus larges.
La zone offshore ghanéenne, qui s’étend sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés, comprend non seulement des blocs pétroliers, mais aussi d’importantes zones de pêche.
Le secteur maritime fournit l’essentiel du poisson consommé dans le pays et fait vivre des centaines de milliers de personnes sur le littoral, tandis qu’environ 90 % du commerce ghanéen transite notamment via les ports de Tema et de Takoradi.
Des frontières clairement établies sont également cruciales pour les investisseurs du secteur énergétique, réticents à forer dans des eaux contestées.
Deuxième recours à l’arbitrage en une décennie
C’est la deuxième fois ces dernières années que le Ghana a recours à l’arbitrage international pour régler un différend frontalier maritime.
En 2014, le Ghana a entamé une procédure d’arbitrage contre la Côte d’Ivoire voisine suite à des désaccords concernant leur frontière maritime dans le golfe de Guinée, notamment après d’importantes découvertes de pétrole dans la région.
L’affaire a été entendue par une Chambre spéciale du Tribunal international du droit de la mer (TIDM), opérant en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).
En septembre 2017, le tribunal a rendu un jugement contraignant confirmant en grande partie la position du Ghana et délimitant formellement la frontière maritime le long d’une ligne d’équidistance.
Assou AFANGLO
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