Au Sénégal, le débat sur la pénalisation de l’homosexualité connaît un nouveau rebondissement. Des responsables politiques et des figures religieuses plaident pour un renforcement du dispositif légal existant, avec l’ambition affichée de doubler les peines actuellement prévues par le Code pénal.
En l’état actuel de la législation, l’article 319 du Code pénal sénégalais punit les « actes contre nature avec un individu de son sexe » d’une peine allant d’un à cinq ans d’emprisonnement, assortie d’une amende. Ce texte est régulièrement invoqué par les autorités judiciaires lors d’arrestations liées à l’orientation sexuelle présumée de certaines personnes.
La nouvelle proposition viserait à porter la peine maximale à dix ans de prison et à alourdir les sanctions financières. Ses partisans estiment que la loi actuelle ne serait pas suffisamment dissuasive et affirment vouloir protéger les valeurs religieuses et culturelles du pays. Ils soutiennent également que cette réforme répondrait à une demande d’une partie de la population.
Cette perspective suscite toutefois de vives réactions. Des organisations de défense des droits humains dénoncent un recul des libertés individuelles et rappellent que le Sénégal est signataire de plusieurs conventions internationales relatives aux droits fondamentaux.
Elles redoutent une stigmatisation accrue et des atteintes aux droits des minorités. Sur le plan international, certains partenaires pourraient également exprimer des réserves, ce qui poserait la question de l’impact diplomatique d’un tel durcissement.
Pour l’heure, aucune modification officielle du texte n’a encore été adoptée. Toute évolution passera par une initiative parlementaire et un débat au sein des institutions compétentes. Le sujet, particulièrement sensible, devrait continuer d’alimenter les discussions publiques dans les semaines à venir.
Aida Rachel KOUMONDJI (stagiaire)




