Le gouvernement congolais indique que les personnes expulsées commenceront à arriver ce mois-ci, dans le cadre d’un arrangement « temporaire » financé par les États-Unis.
La République démocratique du Congo a déclaré qu’elle s’attend à recevoir des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis en vertu d’un nouvel accord conclu avec l’administration du président américain Donald Trump.
La RDC commencera à accueillir ces expulsés dès ce mois, a indiqué le ministère congolais de la Communication dans un communiqué publié dimanche, sans préciser le nombre de personnes attendues.
Le texte décrit cet accord comme « temporaire » et reflétant « l’engagement du Congo en faveur de la dignité humaine et de la solidarité internationale ».
Dans le cadre de cet arrangement, les États-Unis prendront en charge les coûts des expulsions, et le gouvernement congolais n’aura aucune dépense à supporter, précise le communiqué.
Cette annonce intervient alors que l’administration Trump poursuit ses efforts pour négocier un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, tout en cherchant à garantir l’accès des États-Unis aux minerais stratégiques congolais.
Des experts critiquent les accords avec des pays tiers
Les États-Unis ont déjà envoyé des personnes expulsées vers des pays africains tels que le Ghana, le Cameroun, la Guinée équatoriale et l’Eswatini. Ces pratiques suscitent des critiques de la part d’experts juridiques et d’organisations de défense des droits humains, notamment en ce qui concerne la base légale de ces transferts et le traitement des personnes envoyées dans des pays dont elles ne sont pas ressortissantes.
La semaine dernière, des organisations juridiques en Ouganda ont annoncé qu’une douzaine de personnes expulsées devraient arriver dans le pays à la suite d’un accord avec l’administration Trump.
Dans une déclaration, le vice-président de l’Ordre des avocats d’Ouganda, Asiimwe Anthony, a indiqué que son organisation avait saisi la justice pour contester ces expulsions.
Selon le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, les expulsions vers des pays tiers sont menées de manière « systématique » depuis février 2025.
« Les personnes concernées par ces expulsions n’ont généralement aucun choix quant à leur destination, une pratique qui soulève de sérieuses préoccupations en matière de respect des procédures et des droits humains, en particulier lorsque le pays d’accueil peut ne pas être sûr », indique l’organisation.
D’après un rapport publié par les membres démocrates de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, l’administration Trump a dépensé au moins 40 millions de dollars pour expulser environ 300 migrants vers des pays autres que les leurs.
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