La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a désigné, mardi 24 mars, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté comme négociateur en chef chargé de relancer le dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), dans un contexte de rupture formalisée entre ces pays et l’organisation régionale.
L’acte de nomination a été signé par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao, après approbation de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. Cette décision confère à Lansana Kouyaté un rôle central dans la recherche d’une solution politique et institutionnelle visant à préserver les acquis de l’intégration ouest-africaine.
Diplomate chevronné, Lansana Kouyaté a dirigé le gouvernement guinéen et occupé le poste de secrétaire exécutif de la Cédéao de 2002 à 2007. Fort de cette expérience, il devra conduire des négociations inclusives et proposer des solutions concertées, avec pour priorités la libre circulation des biens et des personnes ainsi que la coopération sécuritaire. Son mandat initial est fixé à trois mois renouvelables.
Cette nomination intervient dans un contexte de médiation active de l’Union africaine (UA) au Sahel. Le 10 mars, le Représentant spécial de l’UA pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a été reçu à Freetown par Julius Maada Bio. À l’issue de leur entretien, ce dernier a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif sur les enjeux sécuritaires dans la région.
Ces initiatives font suite à une tournée diplomatique de Mamadou Tangara, comprenant des étapes à Abuja le 6 mars et à Bamako fin janvier, visant à maintenir les canaux de communication avec les États sahéliens, suspendus des instances décisionnelles de l’UA depuis les transitions politiques de 2020–2021.
Malgré leur retrait officiel en janvier 2025, les pays de l’AES continuent de participer à certaines structures techniques de la Cédéao, notamment le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) et la Banque d’investissement et de développement de la Cédéao (Bidc), sous un statut de « pays non régionaux », afin d’assurer la continuité des projets en cours.
La Cédéao et l’Union africaine entendent ainsi conjuguer médiation directe et diplomatie institutionnelle pour sortir de l’impasse et préserver la coopération régionale dans un espace sahélien confronté à de multiples défis sécuritaires et économiques.
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