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Gabon : Ali Bongo signe son retour politique et revendique la tête du PDG

Depuis Paris, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba affirme qu’il ne renonce pas à la vie politique. Il réclame de nouveau la présidence du Parti démocratique gabonais, au moment où le parti prépare son congrès.

Un renoncement que l’ancien président dit avoir été forcé

Le mardi 20 octobre 2026, Ali Bongo a rendu publique une déclaration enregistrée à Paris. Il y revient sur la lettre du 18 septembre 2024, dans laquelle il annonçait son retrait de la vie politique et le renoncement définitif à toute ambition nationale. Ce texte avait alors été authentifié par son avocate.

Aujourd’hui, l’ancien chef de l’État donne une autre version. Il affirme qu’en septembre 2024, il n’était pas libre. Il dit avoir été en résidence surveillée, alors que son épouse Sylvia et son fils Noureddin étaient retenus. Selon lui, les militaires attendaient des gages pour consolider leur maintien au pouvoir. Il explique avoir prononcé ces mots sous la contrainte. Il conclut qu’il est libre aujourd’hui, que sa parole l’est aussi, et qu’il ne renonce pas à la vie politique.

Ces affirmations restent celles de l’ancien président. Rappelons le contexte. Ali Bongo a été renversé par un coup d’État le 30 août 2023. Il a quitté Libreville dans la nuit du 15 au 16 mai 2025 pour rejoindre Luanda, puis Paris. Depuis son AVC de 2018, beaucoup le croyaient en retrait définitif. Sa sortie de cette semaine montre le contraire.

Une bataille de légitimité au sein du PDG

Le PDG a été fondé en 1968 par Omar Bongo, le père d’Ali. Pendant plus d’un demi-siècle, il a été le parti du pouvoir. Aujourd’hui, la question est de savoir qui le dirige vraiment.

Ali Bongo affirme qu’il en est toujours le président légitime, reconduit lors du congrès de décembre 2022. Il conteste les décisions prises après la réunion du 7 mars 2024 tenue à sa résidence de Libreville. Selon lui, il n’a jamais autorisé la mise en place d’une nouvelle direction en dehors des statuts. Il parle de forfaiture. La direction actuelle est conduite par Blaise Louembé. L’ancien président dit l’avoir invité à Paris avec deux autres responsables pour chercher une sortie de crise, sans obtenir de réponse. Il précise ne pas vouloir que le parti se déchire devant les tribunaux.

Lire aussi : Gabon : Ali Bongo placé en « résidence surveillée »

Cette querelle ne date pas d’hier. En juillet 2025, depuis Londres, il avait déjà annoncé qu’il reprenait la main sur le parti et nommé Ali Akbar Onanga Y’Obegue secrétaire général, selon Gabon Media Time. À Libreville, la secrétaire générale mise en avant par la direction actuelle est Angélique Ngoma. Le PDG compte donc deux légitimités qui avancent en parallèle.

Dans son message, Ali Bongo ne nomme jamais le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais plusieurs phrases semblent viser son camp. Il estime que ses adversaires ont déjà pris beaucoup et que chacun a désormais son parti. Il ajoute que le PDG est un esprit et qu’on ne tue pas un esprit. Ces mots visent aussi d’anciens cadres du PDG passés dans le camp présidentiel, où domine désormais l’Union démocratique des bâtisseurs. Il assure par ailleurs qu’il agira uniquement par les voies légales.

Un congrès sous haute tension

Sur la ligne politique, il tranche. Pour lui, le PDG a perdu le pouvoir, et sa place est donc dans l’opposition. Ce point divise le parti. Lors du séminaire d’octobre, une commission avait proposé de se définir comme une opposition constructive et responsable. Dans le texte final, cette formule est devenue une force politique constructive et responsable.

Du côté de Libreville, la machine continue de tourner. Le jeudi 22 octobre, les principales instances du parti ont validé la feuille de route du 13e congrès ordinaire, prévu les 27, 28 et 29 novembre. Le comité d’organisation doit être installé au plus tard le 27 octobre. Les conseils provinciaux se tiendront les 6, 7 et 8 novembre. Selon Info241, aucun report n’a été annoncé après la déclaration d’Ali Bongo. La direction de Blaise Louembé préfère répondre par la continuité plutôt que par une confrontation publique.

L’ancien président, lui, rejette un congrès préparé par quelques-uns. Il réclame un processus inclusif et veut conduire lui-même la réorganisation du parti avant de laisser les militants choisir leurs dirigeants. En juillet 2025, il disait n’avoir plus d’ambition électorale personnelle. Rien n’indique pour l’instant qu’il cherche un mandat public. Son objectif affiché reste le contrôle du parti de son père.

Ce que l’on peut retenir tient en trois points. Le premier est une question de droit, celle de savoir si la procédure qui a écarté Ali Bongo existe vraiment dans les statuts. Ses partisans soutiennent que non. Le deuxième est une question de calendrier, car deux projets de réorganisation sont en marche en même temps. Le troisième est une question de ligne, entre opposition franche et position plus prudente envers le pouvoir. Le congrès de fin novembre pourrait donc trancher bien plus que le nom d’un président. Il dira aussi quelle place le PDG veut occuper dans le Gabon de l’après 2023.

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