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Succession de Guterres à l’ONU : les Émirats sortent leur candidate !

Alors que la course pour diriger l’ONU est dans l’impasse, les Émirats arabes unis ont présenté la diplomate Lana Nusseibeh. À 48 ans, elle devient la plus jeune des sept candidats en lice.

Une candidature de dernière minute

Mercredi 21 octobre, le nom de Lana Nusseibeh est apparu sur la page officielle des Nations unies consacrée à la sélection du prochain secrétaire général. Sa candidature a été transmise par une lettre du président émirati, Mohammed ben Zayed, adressée aux présidents de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

Née en 1978, Mme Nusseibeh est une haute responsable du ministère émirati des Affaires étrangères. Elle a représenté les Émirats auprès des Nations unies de 2013 à 2024, soit plus de dix ans passés dans les couloirs de l’organisation. Dans un communiqué, elle explique se présenter parce que le moment est venu d’agir avec plus d’urgence, d’intervenir plus tôt et de rassembler au delà des différences pour obtenir des résultats concrets.

Une course qui n’avance plus

Cette annonce arrive après six scrutins indicatifs sans issue au Conseil de sécurité. Lors du dernier vote, tenu vendredi 16 octobre, la Costaricienne Rebeca Grynspan, 70 ans, ancienne dirigeante de la Cnuced, est arrivée en tête avec neuf avis favorables. Elle a pourtant reçu des avis défavorables, dont deux venant de membres permanents. L’Argentin Rafael Grossi, à la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique, la suit. Aucun des sept candidats n’a échappé à un vote négatif de l’une des cinq puissances disposant d’un droit de veto.

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Le lendemain, l’ancien président sénégalais Macky Sall a retiré sa candidature, après des résultats défavorables. Son départ laisse l’Afrique sans prétendant de poids, alors que le continent n’a plus fourni de secrétaire général depuis Kofi Annan, dont le mandat s’est achevé fin 2006. Selon le Times of Israël, l’administration américaine se serait opposée aux sept candidats alors en lice.

La règle du jeu explique ce blocage. Le Conseil de sécurité doit recommander un nom en réunissant au moins neuf voix sur quinze, sans veto d’un membre permanent, avant que les 193 pays de l’Assemblée générale ne procèdent à la nomination. Le mandat de António Guterres s’achève le 31 décembre et celui de son successeur doit débuter le 1er janvier 2027. Le calendrier devient donc serré. En 2016, l’Assemblée générale avait élu António Guterres le 13 octobre. Dix ans plus tard, au 23 octobre, aucun candidat n’est encore recommandé.

Ce que cette candidature peut changer

L’entrée d’une candidate émiratie est d’abord vue comme une tentative de débloquer la situation. Les Émirats entretiennent des relations étroites avec Washington, tout en gardant de solides liens de travail avec la Russie, la Chine, le Royaume Uni et la France. Pour le Times of Israël, cela pourrait suffire à faire émerger un candidat de consensus. La question du genre pèse aussi. De nombreux pays souhaitent qu’une femme dirige enfin l’ONU, ce que le poste n’a jamais connu en 80 ans d’existence.

Mais la route reste incertaine. Sa candidature suscite déjà des critiques, notamment d’organisations propalestiniennes. Elles pointent le rapprochement entre Abou Dhabi et Israël et le rôle prêté aux Émirats dans le conflit au Soudan, des accusations que les autorités émiraties rejettent. Ses soutiens mettent plutôt en avant sa longue expérience diplomatique à New York. Il lui faudra surtout convaincre les cinq membres permanents qu’elle n’a pas de veto à craindre, ce qui est loin d’être acquis.

Cette situation illustre une réalité souvent mal connue du grand public. Le choix d’un secrétaire général dépend moins du meilleur dossier que d’un équilibre entre les grandes puissances, la rotation entre les régions du monde et les attentes de l’Assemblée générale. Un candidat peut être très apprécié et se heurter à un seul refus. Dans ce jeu, un nom de dernière minute peut parfois devenir celui du compromis.

Les prochains scrutins indicatifs diront si Lana Nusseibeh peut transformer cette entrée tardive en véritable dynamique. Un seul fait est certain à ce stade. La succession de Guterres ne se jouera pas seulement sur les qualités des candidats, mais sur la capacité des grandes puissances à s’entendre.

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