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Algérie : ce que risquent les élèves pris avec un téléphone en classe

Les directions de l’éducation en Algérie serrent la vis sur les téléphones à l’école. Un élève pris en train d’utiliser son smartphone en classe risque de ne pas le revoir avant la fin de l’année.

Une consigne datée du 4 octobre

Tout part d’une instruction officielle du 4 octobre. Les directions de l’éducation y demandent aux chefs d’établissement, en particulier dans le moyen et le secondaire, d’appliquer sans délai les règles déjà prévues par le règlement intérieur unifié. Ce règlement est en vigueur depuis la rentrée 2026-2027, lancée le 21 septembre.

L’article 43 est au centre du dispositif. Il interdit aux élèves d’apporter ou d’utiliser des téléphones portables, des appareils connectés et du matériel de prise de vue ou d’enregistrement. L’interdiction vaut dans les salles de cours, mais aussi dans les autres espaces de l’école, comme les cours de récréation, les couloirs et les sanitaires.

Il existe une porte de sortie, mais elle est étroite. En cas de vrai besoin pédagogique, l’usage d’un appareil reste possible avec une autorisation écrite donnée à l’avance par la direction de l’établissement.

L’article 44 va plus loin sur l’image. Il interdit de filmer, d’enregistrer ou de photographier des élèves, des enseignants ou des agents, puis de publier ces contenus. Il faut pour cela l’accord écrit du directeur de l’éducation de la wilaya, c’est à dire de la province.

Ce que risque l’élève pris en faute

Si l’infraction est constatée, l’appareil peut être saisi sur-le-champ. Il ne sera rendu qu’à la fin de l’année scolaire en cours. Pour un élève qui vient de rentrer en septembre, cela peut représenter plusieurs mois sans téléphone.

Lire aussi : Corée du Sud : fin des téléphones portables à l’école

La confiscation ne vient pas seule. Des sanctions disciplinaires sont prévues. Selon les médias algériens, elles s’appliquent sans exclure d’éventuelles poursuites judiciaires. Lors de la présentation du règlement, il était aussi indiqué que les parents ou tuteurs pouvaient être convoqués.

Le mot important reste le verbe pouvoir. Le texte dit que le matériel pourra être confisqué. Chaque direction d’établissement aura donc une marge pour juger chaque cas. Il reste à voir comment la règle sera appliquée sur le terrain, d’un lycée à l’autre.

Pourquoi un tel durcissement

Le déclencheur est connu. Des vidéos tournées en classe circulent sur les réseaux sociaux. Des élèves filment leurs camarades et leurs professeurs. Certains vont jusqu’à lancer des directs pendant le cours. Les autorités estiment que ces comportements portent atteinte à la dignité des enseignants et à la vie privée des élèves, et qu’ils troublent le climat de l’école.

Le sujet n’est pas propre à l’Algérie. Partout dans le monde, les écoles cherchent comment gérer des élèves qui ont un écran dans la poche. L’Île Maurice a décidé en 2025 d’interdire les téléphones en classe, avec des casiers pour les ranger. Aux États-Unis, l’État de New York a limité les smartphones pendant toute la journée scolaire à partir de la rentrée 2025.

Les effets de ces interdictions font encore débat. Certaines études leur trouvent des bénéfices pour la concentration et l’ambiance en classe. D’autres doutent qu’elles suffisent à elles seules à améliorer les résultats. Les enseignants mauriciens ont toutefois dit sentir un changement dès les premiers jours.

Pour les familles algériennes, le message est simple. Le plus sûr est de laisser le téléphone à la maison. Ceux qui ont une vraie raison de l’emporter doivent obtenir l’autorisation écrite avant la rentrée en classe, et non après l’incident.

Pour les enseignants et les directeurs, un défi demeure. Interdire est facile. Expliquer aux jeunes pourquoi filmer un camarade ou un professeur peut lui faire du tort est plus long. Beaucoup d’élèves ne mesurent pas qu’une vidéo postée en quelques secondes peut rester en ligne pendant des années. Une partie de la réponse se trouve peut-être là, dans l’éducation aux usages du numérique, en complément de la sanction.

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