Deviens membre !

Nous vous enverrons au moins deux (2) par semaines des nouvelles et opportunités

― PUBLICITE ―

spot_img
AccueilPeopleMaroc : Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme à diriger...

Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme à diriger le gouvernement

Le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement. C’est la première fois qu’une femme occupe ce poste au Maroc.

Une nomination historique

Le mardi 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI a reçu Fatima Ezzahra El Mansouri au palais royal de Rabat. Il l’a chargée de former le nouveau gouvernement. L’annonce a été faite par un communiqué du cabinet royal.

Cette nomination intervient quelques jours après les élections législatives. Le Parti authenticité et modernité, connu sous le sigle PAM, est arrivé en tête du scrutin. Madame El Mansouri coordonne la direction collégiale de ce parti depuis février 2024. Elle était donc la candidate naturelle pour prendre la tête de l’exécutif.

Pourtant, le choix a demandé quelques jours. Son nom circulait depuis des années dans les milieux politiques et économiques du royaume. Dès 2024, des chefs d’entreprise et des conseillers politiques la voyaient déjà à ce poste. Deux ans plus tard, ce pronostic est devenu réalité.

Un rappel utile. Depuis la Constitution de 2011, le roi choisit le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections. Le souverain garde donc la main sur la nomination, mais dans un cadre précis. Cette fois, il a choisi une femme, et cela marque un tournant dans l’histoire politique du pays.

Le moment dépasse le simple changement de nom à la tête de l’exécutif. Pour beaucoup de Marocaines, il montre que les plus hauts postes politiques ne sont plus fermés aux femmes. Reste à voir si cette ouverture se traduira aussi par une place plus large des femmes dans les partis, dans les administrations et dans les conseils des villes et des régions.

Lire aussi : Législatives au Maroc : le PAM en tête, la participation reste faible

Une victoire sans majorité absolue

Le PAM a remporté 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. Ce parti de centre droit faisait déjà partie de la coalition sortante. Sa victoire est nette, mais elle reste loin de la majorité absolue.

Madame El Mansouri devra donc négocier. Elle doit rassembler d’autres partis pour bâtir une coalition capable de gouverner pendant cinq ans. Ces discussions ouvrent la phase de formation de la nouvelle équipe. Ensuite, le gouvernement devra suivre les procédures prévues par la Constitution.

Le PAM a un atout. Il connaît déjà les autres partis de la coalition sortante, avec lesquels il a travaillé. Cette habitude peut faciliter les discussions. Mais chaque parti voudra défendre ses priorités et obtenir des ministères importants. Le partage des postes sera donc un exercice délicat.

Il faut aussi regarder un chiffre. La participation a atteint 38 %. C’est le taux le plus bas depuis près de vingt ans. Autrement dit, la majorité des électeurs inscrits ne s’est pas déplacée. Ce détail pèse lourd. La nouvelle cheffe du gouvernement doit convaincre, et pas seulement gouverner.

Elle devra aussi composer avec le rôle du palais. Les grandes orientations des secteurs stratégiques restent l’apanage du roi. Le gouvernement conduit surtout l’action économique et sociale au quotidien.

Un parcours et de lourds chantiers

Fatima Ezzahra El Mansouri est née en 1976 à Marrakech. Elle est avocate de formation. Elle est entrée en politique par le Mouvement de tous les démocrates, fondé par le conseiller royal Fouad Ali El Himma. Ce mouvement a ensuite servi de base à la création du PAM en 2008.

Elle a déjà connu une première historique. Elle a été la première femme maire de Marrakech. Elle a aussi occupé le poste de ministre de l’Habitat. Son parcours mêle donc gestion locale, expérience gouvernementale et vie de parti.

Elle dit vouloir « redonner espoir » aux jeunes. Le message n’est pas anodin. La jeunesse est la première touchée par la hausse du chômage, par le coût de la vie et par les écarts sociaux. Ce sont les grands chantiers qui l’attendent.

Deux autres dossiers marqueront son mandat. Le premier est l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030. Le second est le plan d’autonomie proposé pour le territoire disputé du Sahara occidental. Le premier demande des investissements dans les stades, les transports et l’hébergement. Le second demande une action diplomatique constante. Les deux exigent de la continuité et une bonne coordination entre l’État, les collectivités et les partenaires étrangers.

Que retenir de cette journée ? D’abord, un symbole fort. Une femme prend la tête d’un gouvernement dans un pays où ce poste n’avait jamais été confié à l’une d’elles. Ensuite, un test politique. Le symbole ne suffira pas. Les Marocains attendront des résultats concrets sur l’emploi, les prix et les services publics.

Les prochains jours diront si les alliances se nouent vite. Ils diront aussi quelle place la nouvelle cheffe du gouvernement donnera aux femmes et aux jeunes dans son équipe. C’est là que la portée réelle de cette nomination se mesurera.

Articles simailaires