L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) poursuit sa progression. Une nouvelle province du nord du pays, le Bas-Uélé, vient d’enregistrer son premier décès lié au virus, portant à six le nombre de provinces touchées. Cette évolution fait également craindre une propagation de la maladie vers le Soudan du Sud.
Les autorités congolaises avaient officiellement annoncé, le 15 mai, la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée dans le pays. Trois mois après son déclenchement, le bilan dépasse déjà celui des premières phases des précédentes grandes flambées.
Selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires, plus de 4 500 cas confirmés ont été recensés et plus de 2 100 personnes ont perdu la vie. À titre de comparaison, la précédente épidémie la plus meurtrière en RDC, entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts sur environ 3 500 cas.

Le Bas-Uélé désormais touché
Jusqu’à récemment, cinq provinces étaient concernées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.
Le Bas-Uélé vient désormais s’ajouter à cette liste. Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC, a indiqué qu’une personne y était décédée après avoir contracté le virus. Selon lui, la victime venait du Haut-Uélé, où des cas avaient déjà été identifiés.
L’Africa CDC estime que la progression actuelle de la maladie est particulièrement préoccupante. Trois mois après le début de l’épidémie, le nombre de cas et de décès enregistrés en RDC serait nettement supérieur à celui observé au même stade lors de la grande flambée qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014.
Malgré cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’il reste possible de freiner la progression du virus au cours des prochains mois.

Une menace pour le Soudan du Sud
La proximité de plusieurs zones touchées avec le Soudan du Sud suscite également des inquiétudes. L’organisation Mercy Corps a notamment averti que le virus se trouvait désormais à quelques dizaines de kilomètres de la frontière.
Les déplacements de populations dans cette zone pourraient favoriser une transmission transfrontalière. L’organisation souligne également plusieurs difficultés qui compliquent la riposte : la saturation des structures sanitaires, l’accès limité à l’eau potable et aux installations d’assainissement, la méfiance de certaines communautés et l’insécurité qui limite les déplacements des équipes médicales.

Une situation compliquée dans l’Est
L’épidémie, apparue en Ituri, s’est progressivement étendue à plusieurs territoires du nord et de l’est du pays. Certaines de ces régions sont densément peuplées et disposent de moyens sanitaires limités.
Dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, la situation sécuritaire complique davantage les opérations de lutte contre la maladie. Plusieurs zones sont affectées par les affrontements opposant les forces gouvernementales au groupe armé M23.
Dans le Sud-Kivu, aucun nouveau cas n’a toutefois été signalé depuis plus de 42 jours. Les autorités sanitaires congolaises ont ainsi annoncé la fin de l’épidémie dans cette province.
Par ailleurs, un décès suspect avait été signalé début août à bord d’un bateau naviguant sur le fleuve Congo en direction de Kinshasa. Aucun autre passager n’a finalement été déclaré malade et les personnes présentes à bord ont pu débarquer près de la capitale.
Un virus particulièrement dangereux
Ebola se transmet principalement par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. La maladie peut provoquer une forte fièvre et, dans les cas graves, des manifestations hémorragiques.
Au cours des cinq dernières décennies, le virus Ebola a causé plus de 15 000 décès sur le continent africain, faisant de cette maladie l’une des principales menaces sanitaires liées aux épidémies dans la région.
Justimo DOUBIDJI


